THANKSGIVING

                                            ARTICLE DE  ROLAND ROTH 

          

                              

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Aux Etats-Unis, « Thanksgiving » se fête chaque année le 4ème jeudi du mois de novembre.

 

Pour cette fête chrétienne, on remercie Dieu par des prières, des réjouissances et un repas pour le bonheur que l’on a pu recevoir pendant toute l’année.

Aux États-Unis, la fête de « Thanksgiving » offre l'occasion de se retrouver et de se réunir en famille et entre amis, de s'entraider et  de partager un repas traditionnel et d'exprimer sa gratitude pour les bienfaits dont chacun a été comblé.

Pour beaucoup, c'est aussi le temps de servir son prochain.

Cette célébration est désormais laïque en Amérique du Nord et les administrations et la plupart des entreprises sont fermées ce jour-là.

« Thanksgiving » est considéré de nos jours comme une fête traditionnelle, au même titre que Noël.

Pour certains peuples amérindiens, l'Action de grâce constitue une commémoration des guerres indiennes.

 

Les toutes premières Actions de grâce furent des fêtes de la moisson et c’est pour cette raison que celles-ci ont toujours lieu à l’automne.

 

 Voici l’histoire de « Thanksgiving » : 

 

En 1620, des dissidents britanniques, une centaine, nommés « Pères Pèlerins » qui veulent rester fidèles à leur religion et non adopter celle du roi d'Angleterre, embarquèrent pour l'Amérique sur le « Mayflower » pour se retrouver dans la baie de Plymouth au Massachussetts où ils fondirent aussitôt la colonie de Plymouth et bâtirent la ville du même nom.

 

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Ils arrivèrent sur le sol américain le 11 décembre 1620, en plein hiver.

Celui-ci  fut très difficile et dévastateur pour les nouveaux arrivants.

Sur les cent dix pèlerins, seulement cinquante survécurent au scorbut, au froid et au manque de nourriture.

 

Ils n'avaient pas pu  apporter suffisamment de vivres et ils étaient arrivés trop tard pour mettre des champs en culture car aucune plantation n'est possible en cette saison.

Le printemps revenu, ces survivants doivent se constituer une réserve pour affronter le prochain hiver.

Mais la terre, le climat, les plantes, tout leur est hostile.

 

Mais les survivants ont échappé au pire grâce à l'intervention de deux Amérindiens Iroquois qui s’appelaient Squanto de la tribu des Wampanoag et Samoset de la tribu des Patuxets.

Eux-mêmes, ainsi que les membres de leurs tribus, offrirent à manger aux colons et leur ont appris à chasser, à pêcher, à cultiver et récolter le maïs et d’autres céréales et leur firent découvrir les bienfaits de certaines plantes et le danger mortel d’autres.

Ils leur montrèrent aussi comment cuire les canneberges, le maïs et les courges.

 

En octobre 1621, la moisson fut exceptionnelle et les colons ont enfin pu faire des réserves de maïs, de haricots et de potirons pour l’hiver à venir.

Cette première récolte fut célébrée et le gouverneur de l’état, William Bradford, décréta trois jours d'Action de grâce : le « Thanksgiving ».

Les colons invitèrent alors leur bienfaiteur, le chef  Massasoit des Indiens Wampanoags, avec 90 de ses hommes, à venir partager leur repas et festoyer afin de les remercier pour leur aide passée.

 

Le repas fut composé de dindes, de canards et d’oies sauvages, de pigeons, de poissons et de mollusques, de maïs, de légumes verts et de fruits secs.

Le chef Massasoit et sa tribu apportèrent aussi du gibier.

La célébration de la moisson de 1621 fut suivie d'une longue période d'injustice et de conflit entre les Amérindiens et les colons européens.

 

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En 1623, les « Pères Pèlerins » firent encore de Thanksgiving une plus grande célébration après une récolte exceptionnelle, grâce à des pluies inattendues.

Puis les  deux peuples  se retrouvèrent tous les ans pour partager la nourriture.

Mais ces visites, qui  duraient trois jours, consistaient certainement à faire des réunions politiques pour discuter et fixer les alliances militaires.

 

Ni l'un ni l'autre ne se faisaient totalement confiance :

Les Européens  considéraient les Wampanoags  comme des païens et les instruments du diable et les Wampanoags voyaient  les Européens leur voler leur maïs et nourriture et aussi leur voler leurs tombes pour l’or.

 

D’ailleurs, pour beaucoup d'indiens, la fête du « Thanksgiving » est un moment de deuil. 

Ils se rappelèrent que leur aide et leurs cadeaux à l’époque ont été « remerciés » par le vol de leur maïs, de leurs terres et l’extermination de beaucoup d’entre eux par les armes, par la transmission de maladies ou par l'assimilation obligatoire. 

 

Une génération plus tard, la différence des forces était devenue tellement grande que suite au vol de leurs terres par les colons européens, les Wampanoag entrèrent en guerre contre ceux-ci.

 

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En 1637, les soldats anglais, avec à leur tête le capitaine Mason  avec l’aide des tribus Narragansett et Mohegan, massacrèrent  environ 700 hommes,  femmes et enfants Pequots au village fortifié de ceux-ci, près de la Mystic river au Connecticut.

Ils  brûlèrent bon nombre d'entre eux dans leurs maisons tout en tirant sur ceux qui se sauvaient.

Les colonies  du Connecticut et du Massachusetts observèrent un jour de « Thanksgiving » soi-disant pour commémorer ce massacre.

 

Le 29 juin 1671, la ville de Charlestown célébra le premier Thanksgiving jamais décrété par une administration publique.

 

En 1675, il y avait environ 50 000 colons installés dans la partie du pays appelée alors « New England ».

Cette année-là, Metacom, un fils du chef Massasoit, dont la générosité avait sauvé les vies des colons affamés, menait  une rébellion contre eux.

Vers la fin de ce conflit, connu sous le nom de guerre de « King Philip », la plupart des peuples indiens de la région du nord-est des Etats-Unis avaient été complètement exterminés, ou vendus en esclavage, ou encore s'étaient enfuis vers le Canada.

Peu de temps après la mort de Metacom, la colonie de Plimoth a déclaré un jour de « Thanksgiving » ! pour commémorer la victoire anglaise sur les Indiens.

 

Puis, au courant du 18ème siècle, l’ensemble des colons ont observé, tous les ans, le jour de Thanksgiving.

Ce n'était pas un jour marqué par la nourriture et la boisson abondantes selon la coutume de nos jours, mais plutôt un jour de prière et de jeûne.

 

Pendant la guerre révolutionnaire américaine, le Congrès continental nomma tous les ans, un ou plusieurs jours de Thanksgiving, recommandant à chaque fois aux dirigeants des divers états, l'observance de ces jours dans leurs États respectifs.

La première proclamation nationale du Thanksgiving a été promulguée par le Congrès continental en 1777.

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C’est le 3 octobre 1789 que le président Georges Washington créa le premier Thanksgiving Day décrété par le gouvernement national des États-Unis d'Amérique :

 

Voici le texte officiel :

"Une proclamation du Président des États-Unis d'Amérique".

 

"Considérant que c'est le devoir de toutes les Nations de reconnaître la providence de Dieu Tout-puissant, d'obéir à sa volonté, d'être reconnaissantes pour ses bienfaits, et humblement implorer sa protection et sa faveur, et tandis que les deux Chambres du Congrès m'ont,      par leur Comité mixte, demandé de recommander au Peuple des États-Unis qu’un jour public d'action de grâce et de prières soit observé en reconnaissance aux nombreux signes de faveur de Dieu Tout-puissant, particulièrement en ayant donné au Peuple les moyens d'établir pacifiquement une forme de gouvernement pour sa sûreté et son bonheur.

"Maintenant donc, je recommande et assigne que le premier jeudi après le 26e jour de novembre soit consacré par le Peuple de ces États au service du grand et glorieux Être, qui est l'Auteur bienfaisant de tout ce qu'il y a eu, qu'il y a et qu'il y aura de bon. Nous pouvons alors tous    nous unir en lui donnant notre sincère et humble merci, pour son soin et sa protection, appréciés du Peuple de ce Pays, avant que celui-ci         ne soit devenu une Nation de pitié ; pour les interpositions favorables de sa Providence lors de nos épreuves durant le cours et la fin de la     récente guerre ; pour le grand degré de tranquillité, d'union, et d'abondance, que nous avons depuis appréciées ; pour le pacifisme et la      raison qui nous ont été conférés pour nous permettre d'établir des constitutions de gouvernement pour notre sûreté et notre bonheur, en particulier la Loi nationale récemment instituée, ; pour la liberté civile et la liberté religieuse formant à elles seules une vraie bénédiction ;         pour les moyens que nous avons d'acquérir et de répandre la connaissance utile ; et d’une manière générale pour toutes les grandes et   diverses   faveurs qu’il nous a bien heureusement conférées.

"Nous pouvons alors nous unir en offrant le plus humblement nos prières et supplications au grand Seigneur et Gouverneur des Nations et       le solliciter pour pardonner nos transgressions nationales et autres transgressions ; pour nous permettre à tous, en poste public ou privé,         de remplir nos nombreuses fonctions respectives, correctement et ponctuellement ; pour permettre à notre gouvernement national de rendre bénédiction à toutes les personnes, en étant constamment un Gouvernement de lois sages, justes, et constitutionnelles, discrètement et loyalement exécutées et obéies ; pour protéger, guider et bénir tous les Souverains et toutes les Nations (particulièrement celles qui ont     montré de la bonté envers nous), afin de leur assurer paix et concordance, et assurer un bon gouvernement ; pour favoriser la connaissance     et la pratique vraies de la religion et de la vertu, ainsi que davantage de science parmi eux et nous, et accorder généralement à toute     l'Humanité un tel degré de prospérité temporelle comme lui seul sait pour être le meilleur.

"Donné sous ma main à la Ville de New-York  le troisième jour d'octobre par année 1789 de notre Seigneur."

 

George Washington proclama de nouveau un Thanksgiving en 1795.

Puis, en 1798 et 1799, c’est au tour du président John Adams qui en fit de même.

Le président James Madison renouvela cette tradition en 1814, en réponse aux résolutions du Congrès, à l'issue de la guerre de 1812.

 

Le jeudi 14 novembre 1816 fut désigné comme jour férié par le Gouverneur Plumer du New Hampshire.

Le Gouverneur Brooks du Massachusetts nomma le jeudi 28 novembre pour être « observé dans tout cet État comme jour de Thanksgiving ».

A partir de 1817, un jour de Thanksgiving fut annuellement mis en place par le gouverneur de l'Etat de New York.

 

Mais certains états sudistes faisaient opposition pour respecter cette fête.

Finalement en 1858, un jour de Thanksgiving fut publié par les gouverneurs de 25 états et de 2 territoires.

 

Pendant la guerre de sécession, le Président Abraham Lincoln, incité et poussé par une campagne et une série d'éditoriaux écrits de Sarah Josepha Buell Hale (1788-1879), proclama un jour national de Thanksgiving, qui devra être célébré le dernier jeudi de novembre 1863.

Depuis cette année-là, on observa annuellement le Thanksgiving Day aux Etats-Unis.

Cependant au fil des années, la date de la célébration changea de temps en temps.

Le dernier changement eut lieu en 1939 quand le président Franklin Delano Roosevelt proposa la journée nationale de Thanksgiving, le quatrième jeudi du mois de novembre.

 

La nation était à l'époque au milieu d'une terrible dépression économique.

De nombreuses protestations s'élevèrent contre ce changement contraire à la tradition et la fête fut brièvement baptisée « Franksgiving ».

 

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Le Thanksgiving est également une fête célébrée au Canada le deuxième lundi d’octobre de chaque année.

 

À l’époque, des colons français, ayant traversé l’Atlantique et s’étant installés au Canada avec l’explorateur Samuel de Champlain, organisèrent de grandes fêtes pour rendre grâce à Dieu  en partageant leur nourriture avec leurs voisins autochtones.

Après la Révolution américaine, les Américains qui étaient demeurés loyaux au Royaume-Uni s'exilèrent et s’installèrent au Canada.

Ils apportèrent avec eux les coutumes et les traditions de l’Action de grâce américaine. Mais celle-ci, au Canada, correspondait également à la fête de la moisson européenne : les églises sont décorées de cornes d’abondance, de citrouilles, de maïs, de blé et d’autres produits de la récolte.

Des hymnes à la gloire de la moisson sont chantés le dimanche de l’Action de grâce et les sermons proviennent des histoires bibliques relatives

à la fête de la moisson juive, la Souccot.

Aux Îles Salomon, le Thanksgiving est officiellement célébré le 26 décembre depuis 1970. 

                 

Pour la tradition de Thanksgiving, des gerbes de blé ou de maïs font souvent partie des décorations de la table.

Le repas qui est traditionnellement servi ne serait pas complet sans une dinde rôtie avec une sauce aux airelles, de la gelée ou sauce de canneberge (baies au goût acidulé et âpre), que l'on appelle aussi grandes airelles ou atoca, des patates douces en purée et le fameux « pumpkin pie », le gâteau au potiron ou encore des tartes aux noix de pécan.

 

Mais suite à la diversification de la société américaine, le repas de Thanksgiving a également évolué.

De nos jours, la dinde traditionnelle peut aussi être accompagnée d'un plat de « tamales » composé de gaines d'épi de mais enrobées de matière grasse, fourrées de viande hachée et cuites à la vapeur ou à la friture, de taboulé, de couscous, voire même de choucroute.

 

Les universités servent un repas traditionnel de Thanksgiving aux étudiants du campus et les étudiants étrangers sont souvent invités à dîner par des familles de la ville.

Les soldats américains stationnés à l'étranger ont eu aussi droit dans leurs unités à un repas de Thanksgiving.

 

De nombreux Américains préparent également un repas à l'intention des personnes pauvres et désavantagées.

D'autres participent à des collectes de vivres, réalisent du bénévolat dans des banques alimentaires ou fournissent de la nourriture à des soupes populaires, des églises et diverses associations caritatives.

 

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Pendant la période de Thanksgiving, les Américains se déplacent énormément à travers le pays, en voiture ou en avion, pour se réunir avec les membres de leurs familles ou avec des amis.

Le jour de cette fête, beaucoup d’Américains suivent le défilé du grand magasin Macy's qui est télévisé en direct de New York.

 

Le lendemain marque le début de la saison des achats de Noël.

 

En 1989, le président George Bush (père) a instauré le pardon de la dinde du Thanksgiving.

Depuis, chaque année, le président en place « gracie » une dinde ce jour-là.

Au lieu de finir ses jours au four, la « bête » va passer le reste de ses jours dans un zoo pour enfants.

 

Actuellement, célébrer « Thanksgiving » est, pour certains indiens, un rappel amer de 500 ans de trahison en retour de l’amitié initiale.

Mais d'autres Amérindiens prennent du plaisir à partager un repas traditionnel chez eux ou lors d’un grand rassemblement communautaire en passant  la journée en famille et entre amis.

 

Chaque année, et depuis 23 ans, en Californie du Sud, à San Bernadino, l'association de la tribu indienne des Morongo distribue près de 11 000 dindes à des associations caritatives et à des familles dans le besoin.

 

La dinde symbolise à elle seule le repas de Thanksgiving, c'est tout simplement parce que cet animal est originaire du nouveau monde.

Son succès fut tellement grand que la tradition de la dinde arriva rapidement en Europe où elle dépassa même l'oie traditionnelle pour les réveillons de Noël.

 

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Recette sur le site de l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique de Paris

Recette de la tarte au potiron de la grand-mère Sander (Extrait de « Les Américains à table, un patrimoine culinaire aux ingrédients variés », E-Journal Août 2004)

(Quantité pour deux tartes de 20 cm de diamètre)

 

Pâte

3 tasses de farine

1 cuillerée à café de sel

1 tasse de saindoux (ou de graisse végétale ou de

beurre ou un mélange)

1 oeuf battu

1 cuillerée à café de vinaigre

5 cuillerées à soupe d’eau

Travailler la farine, le sel et le saindoux à la main jusqu’à l’obtention d’un mélange léger ayant la consistance de miettes de pain.

Ajouter l’oeuf, le vinaigre et l’eau.

Mélanger.

Diviser la pâte en deux et en faire deux boules.

Envelopper chaque boule dans un film étirable saupoudré de farine.

Une fois que la pâte a durci (30 minutes environ), placer la boule sur une surface saupoudrée de farine et étaler la pâte au rouleau. Si la pâte est trop collante, ajouter de la farine.

Placer la pâte étalée dans un plat à tarte de 20 cm. Relever le bord de la pâte et pincer.

Procéder de même pour la deuxième boule de pâte.

 

Garniture

3 tasses de potiron cuit à la vapeur, en purée (800 g environ)

1 tasse 1/2 de sucre roux (400 g environ)

2 cuillerées à café de cannelle

1 cuillerée à café de gingembre (frais ou en poudre)

1 cuillerée à café de sel

4 oeufs

3 tasses de lait (3/4 litre environ)

1 tasse de crème fleurette (1/4 litre environ)

 

Incorporer le sucre, les épices et le sel au potiron.

Battre les oeufs légèrement et les mélanger au lait et à la crème. Bien mélanger le tout et verser dans les deux croûtes crues préparées (voir recette ci-dessus).

Faire cuire à four très chaud (200 ºC) jusqu’à ce que la garniture au potiron soit ferme (environ 45 minutes).

Laisser refroidir les tartes avant de servir.

Décorer à la crème fouettée.

                                     

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                                                                                    THE END

 

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Date de dernière mise à jour : 17/11/2018