D'HANIS - TEXAS

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    D’HANIS : LES ALSACIENS DU BOUT DU MONDE     20 63

 

La ville de D'Hanis est située sur la U.S. Route 90, à huit miles à l'ouest de Hondo, Texas. 
Le site original de D'Hanis se trouve à un mile à l'est de la communauté actuelle, du côté sud de la U.S. Highway 90. 
Le site de l'ancien Fort Lincoln se trouve à environ un mile au nord de D'Hanis.

Une histoire de pionniers, de foi, de frontière et de mémoire.

Pour comprendre D’Hanis, il faut d’abord parler d’un homme : Henri Castro.     9 jpg 6
                                  10 castro                       Le site original de la ville a été fondé par Henri Castro en 1847. 

 

Castro est un personnage assez extraordinaire du 19ᵉ siècle. 
Né en France, Castro a immigré aux États-Unis en 1827 et est devenu citoyen naturalisé. 
Il possède des liens avec l’Alsace et devient en 1842, un entrepreneur de colonisation, un « empresario » de la République du Texas.

En 1842, la République du Texas lui accorde des contrats pour deux concessions de terres pour établir des familles dans le sud-ouest du territoire sur lesquelles il devait implanter 600 familles.
Son projet est immense : il doit faire venir des Européens et les installer sur des terres encore peu peuplées par des colons européens.  

 

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Castro retourne alors en Europe pour recruter ses futurs colons.
Il cherche notamment en France et en Alsace.

Entre 1843 et 1847, Castro réussit à affréter 27 navires qui débarquent au Texas depuis la France avec 485 familles et 457 hommes célibataires
C’est un effort considérable pour l’époque. Sa tâche fut compliquée par la guerre américano-mexicaine, mais il réussit finalement. 

Son objectif n’est pas seulement de faire venir des familles.
Il veut créer de véritables communautés, des villages, des fermes, des églises, des écoles, une société nouvelle.

Il installa ses premières familles à Castroville en septembre 1844 qui sera la plus connue de ses colonies. 

Voir mon article : Castroville

Puis, en 1845, il fonda le village de Quihi, en 1846 la ville de Vandenburg et le dernier village sera D'Hanis qui fut fondé en 1847.

 

                                  34 40                Son histoire                 Panneau

TEXAS , PRINTEMPS 1847.

Le soleil descend lentement sur une immense étendue de prairie. 
Il n’y a presque rien à l’horizon. Pas de village, pas de clocher, pas de route véritablement tracée. 
Seulement l’herbe agitée par le vent, quelques arbres, des buissons de mesquite et, de temps en temps, le bruit sec d’un animal invisible dans les hautes herbes.

Pourtant, dans quelques heures, cet endroit aura un nom : D’Hanis.

Mais pour les hommes, les femmes et les enfants qui arrivent ici, ce nom ne signifie encore rien.

Ils viennent de très loin. Certains ont quitté l’Alsace, d’autres ont traversé la France avant de rejoindre le port d’embarquement. 
Ils ont abandonné des maisons, des familles, des terres et une vie qu’ils connaissaient depuis toujours. 
Ils sont venus chercher quelque chose que l’Europe ne leur promettait plus : une terre à eux.

Ils ne savent pas encore qu’ils viennent de participer à la naissance d’une communauté qui conservera une partie de son identité alsacienne pendant des générations.

Et ils ne savent certainement pas que, plus d’un siècle plus tard, quelqu’un pourra encore marcher parmi les restes de leur village.


         6 118                QUITTER L’ALSACE           7 116

 

Nous pouvons maintenant imaginer une famille. Appelons-la la famille Muller.

Cette famille est fictive. Elle représente le type de famille alsacienne qui aurait pu faire partie de la colonisation, mais les Muller ne furent pas réellement parmi les vingt-neuf familles de D’Hanis.

Le père s’appelle Jean. Sa femme, Anna.
Ils ont trois enfants. Ils vivent dans un village alsacien.

Imaginons une petite maison alsacienne pendant l’hiver 1846.

Il fait froid dehors. Le feu brûle doucement dans la cheminée. 
À l’intérieur, une famille est réunie autour d’une table. 
Le père tient une lettre entre ses mains. Il l’a déjà lue plusieurs fois, mais il la relit encore.

La lettre parle d’un pays situé de l’autre côté de l’océan : Le Texas.

Pour les parents, la décision est très lourde.
Quitter l’Europe signifie abandonner une partie de leur histoire.

Ils savent qu’ils ne reverront peut-être jamais leur village.
Ils ne savent pas non plus ce qui les attend.
Mais ils ont entendu parler des terres disponibles au Texas, un territoire immense où l’on peut obtenir de la terre.

Un territoire où, selon les promesses des recruteurs, une famille qui travaille dur peut devenir propriétaire de son propre domaine.

Le nom qui circule dans les conversations est celui d’Henri Castro, cet entrepreneur et colonisateur qui organise l’installation d’immigrants européens dans la jeune République du Texas.

Le père regarde sa femme.
— « Tu crois qu’on devrait partir ? »

Elle ne répond pas tout de suite.

Partir signifie abandonner la maison, les voisins, les habitudes, les tombes des ancêtres et surtout tout ce que l’on connaît.

Mais rester signifie continuer la même vie dure et difficile.

Alors elle demande simplement :
— « Et ce Texas, il est où ? »

Le mari sourit légèrement.
— « Très loin. » 

Pour les enfants, le mot « Texas » ne signifie presque rien. Ils imaginent peut-être un pays exotique, une terre chaude avec des chevaux, des Indiens et des espaces immenses.                                   

 

                     Alle                 DE L’ALSACE À D’HANIS.         13 jpeg

 

Le voyage d’une famille alsacienne vers le Texas, 1842–1847

Imaginons une famille alsacienne au milieu des années 1840.

Elle vit dans un village où l’on parle un dialecte alsacien, où la religion catholique occupe une place importante et où la terre constitue l’essentiel de la vie quotidienne.

Un jour arrive une nouvelle extraordinaire : un homme nommé Henri Castro recrute des familles européennes pour les faire venir dans la jeune République du Texas.

Il promet de la terre. Beaucoup de terre.

Pour une famille, l’occasion est exceptionnelle : le projet de Castro offre aux colons une exploitation agricole et un terrain dans le village. Pour des familles qui louent leur terre ou connaissent des difficultés économiques, la perspective d’obtenir leur propre propriété de l’autre côté de l’Atlantique est extrêmement séduisante. 
Les documents historiques consacrés à Castroville soulignent justement que beaucoup de recrues provenaient du Bas-Rhin et du Haut-Rhin et que nombre d’entre elles étaient des agriculteurs qui ne possédaient pas leur propre terre. 

Même le voyage jusqu’au port est une aventure

 

LE DÉPART

Le jour du départ arrive. La famille doit d’abord quitter son village.

 

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Les bagages sont peu nombreux. On emporte ce qu’on peut, ce qui tient dans des caisses, des vêtements, des couvertures, quelques outils, des objets religieux dont une petite Bible et un crucifix, des documents, des ustensiles de cuisine, tout ce qui peut avoir une valeur sentimentale comme une photographie ou un portrait familial et tout ce qui peut être utile dans une nouvelle vie. Et surtout, les souvenirs.
Les choses lourdes doivent rester derrière. 

On peut imaginer le dernier matin. La maison est encore silencieuse. Les voisins viennent dire au revoir. La charrette est prête. La famille ferme la porte.
Et cette porte, les parents savent qu’ils ne la reverront probablement jamais.

Le voyage vers l’Amérique sera long et difficile. Mais déjà le trajet jusqu’au port est pénible et long.

Il faut rejoindre l’un des grands ports utilisés par les recruteurs de Castro.
Par exemple une liste de navires de Castro donne : l’Ebro, parti du Havre en 1842 pour Galveston ; d’autres navires quittant Anvers ou Brême. 

La famille ne devait donc pas forcément aller directement au Havre.
Elle pouvait partir de Strasbourg vers Dunkerque ou Anvers selon le navire et les arrangements de Castro.

 

                              2 126             Arrive enfin le moment du départ. La famille découvre le navire.

 

C’est une séparation radicale avec leur monde.
La famille prend place sur un navire chargé de marchandises et de passagers.

Les familles vivent dans des espaces exigus. L’air est mauvais. L’eau douce doit être conservée. La nourriture est limitée. Une tempête peut ralentir le navire. Une maladie peut se propager. Un accident peut transformer le voyage en tragédie d’ailleurs plusieurs immigrants moururent de fièvres sur la côte du Texas. 

Pendant des jours, puis des semaines, l’horizon reste le même.
On mange ce que le navire peut fournir.
Et lorsqu’une tempête arrive, tout le monde comprend soudain que l’océan n’est pas une simple route.
C’est un obstacle immense.

Les conditions sont rudimentaires et la traversée est éprouvante, particulièrement pour les enfants.
Pendant des semaines, l’océan semble ne jamais finir.
Les adultes se demandent parfois s’ils ont pris la bonne décision.
Les enfants, eux, ne comprennent pas toujours pourquoi leurs parents ont décidé de partir.

Ils voient seulement l’eau. Encore l’eau. Toujours l’eau.

Puis, un matin, quelqu’un crie : « La terre ! »
Enfin, après des semaines de navigation, la terre apparaît.

Tout le monde se précipite.
Pour la première fois, ils voient l’Amérique.

 

Une fois arrivé en Amérique, le voyage n’est pourtant pas terminé pour autant. 

 

                                          Ce n’est que le début du voyage.

 

Pour beaucoup de colons de Castro, le port de Galveston est le premier contact avec le Texas.

On sait que Galveston était le port officiel d’entrée pour les colons alsaciens de Castro et un premier groupe de 114 personnes venues de France y arriva au début de 1843. 
Beaucoup continuèrent ensuite vers Lavaca. Un autre groupe largement alsacien de 129 personnes arriva à Galveston le 1er janvier 1844. 

Mais Galveston n’est pas encore la destination.

 

                                    3 127                        La vraie aventure terrestre commence maintenant.

 

La colonie se trouve dans une région où les populations amérindiennes, notamment les Comanches, sont encore puissantes.
Les voyageurs doivent donc être prudents.

Et une fois au Texas, il faut maintenant rejoindre les colonies de Castro.

Finalement apparaît San Antonio.
Et pour les colons alsaciens, c’est un moment capital. Ils ne sont pas encore chez eux.

Mais San Antonio constitue le grand point de rassemblement avant la marche vers les terres de Castro.

Les documents historiques indiquent que les premiers groupes de colons débarqués sur la côte furent acheminés jusqu’à San Antonio. Castro devait ensuite les conduire vers les terres qui leur avaient été attribuées. 

Une famille alsacienne arrivant à San Antonio en 1844 ou 1846, qui vient de traverser l’océan, a encore ses vêtements européens, parle français ou alsacien et autour d’elle, elle découvre une ville profondément marquée par la culture hispanique et mexicaine.
Le contraste est énorme.


                                          Photo 557                                    LE TEXAS                 44 castro

 

Le Texas de 1847 n’est pas celui que nous connaissons aujourd’hui.

La République du Texas est encore très jeune et vient tout juste d’être annexée aux États-Unis en tant qu’État en 1845.

Une grande partie du territoire reste une frontière. Les distances sont immenses. Les routes sont mauvaises. Les déplacements sont lents.

Les colons doivent apprendre à vivre avec un climat différent, avec des animaux qu’ils ne connaissent pas et avec des dangers auxquels ils ne sont pas habitués.

 

Pour les Alsaciens qui arrivent ici, tout paraît gigantesque.
Le ciel semble plus grand. Les distances semblent interminables. Le silence est différent. Et la terre elle-même paraît presque sauvage.

Les premiers colons de Castro arrivent dans une région située à l’ouest de San Antonio, autour de la rivière Medina.

Le 2 septembre 1844, Henri Castro quitte San Antonio avec ses colons.
Il est accompagné du célèbre Texas Ranger John C. Hays et de cinq autres rangers.
Ils partent chercher l’endroit où installer la colonie.
Ils suivent la Medina River.

Finalement, ils découvrent un site particulièrement favorable : une zone relativement plate, avec des pecans et de l’eau.

 

                            C’est là que naît Castroville.                  7 98

 

Après des mois de voyage, les colons arrivent devant la Medina river.
Il y a de l’eau. Des arbres. Des terres.

 

                                            5 109                Et Castro leur annonce en substance : « C’est ici. »

 

La colonie connaît des difficultés considérables : maladies, sécheresses, conflits et problèmes logistiques. Mais elle continue de se développer.  

Les Alsaciens découvrent alors une chose étrange. 
Ils sont au Texas.
Castro est en train de créer une petite Europe au milieu du Texas.

Mais une nouvelle colonie doit encore être créée. Et certaines familles continuent vers l’ouest ! 
Castroville n’est pas la fin et c’est ici que commence l’histoire de D’Hanis.

Le nom D’Hanis vient de Guillaume D’Hanis, un agent d’Henri Castro en Europe qui participa au recrutement et à l’organisation du départ des colons vers le Texas.
Guillaume D’Hanis n’était pas le fondateur du village au sens strict. Castro donna à la nouvelle implantation le nom de D’Hanis en l’honneur de Guillaume D’Hanis.

Guillaume D’Hanis était actif dans l’organisation de l’émigration depuis l’Europe. 
On possède notamment un document de 1846, conservé dans les archives de l’Université du Texas, dans lequel il signe à Anvers une liste d’émigrants embarqués sur le navire Diamond à destination de Galveston.

La colonie de Castro continue à s’étendre : En 1845, Quihi est fondée. 
En 1846, Vandenburg est fondée.

Puis, en 1847, vient le moment où certains d’entre eux doivent continuer plus loin.
Leur destination est une nouvelle colonie à fonder, une nouvelle communauté apparaît encore plus à l’ouest : D’Hanis.

Pour les familles qui vont jusqu’à D’Hanis, le dernier trajet est encore un voyage de frontière.
Les chariots transportent les familles et leurs biens, des outils, des semences, quelques 
meubles indispensables, des affaires de cuisine et tout ce qui a été apporté d’Alsace et qui peut aider à recommencer une nouvelle vie.

 

                         Théodore Gentilz.               Gentilz

 

Théodore Gentilz était Français, artiste, dessinateur, ingénieur et arpenteur.
Henri Castro l’engage en 1844 comme arpenteur et agent de promotion de sa colonie.

Avec John James, Charles DeMontel et d’autres, Gentilz participe à l’organisation de Castroville puis de ses villages satellites : Quihi, Vandenburg, New Fountain et D’Hanis.  
Il participe à la création de tout le réseau des villages de Castro.

Les quatre villages ne doivent pas être considérés comme des communautés totalement séparées.
Les colons appartiennent au même réseau.
Une famille peut s’installer à Castroville. Un frère peut partir vers D’Hanis. Une fille peut se marier dans une famille de Quihi. Un commerçant peut voyager entre les établissements.

Les routes et les liens familiaux créent donc surtout une véritable communauté alsacienne dispersée dans le sud-ouest du Texas.

 

                                    38 25                   Les familles alsaciennes de D’Hanis

 

Au printemps 1847, vingt-neuf familles alsaciennes s’installent à D’Hanis
Parmi les premiers colons se trouvent Jean Batot et son fils Christian.

Une liste des premiers colons enregistrés à D’Hanis donne notamment les noms des familles suivants :

* Batot. * Biell. * Carr. * Deckert   * Echtle. * Finger. * French. * Grossenbacher. 
* Hagemueller. * Kaufmann. * Ludwig. * Marrell. * Nehr  * Nester. * Ney. * Riedemann
* Rudinger. * Schreiber. * Schumacher. * Strausser. * Wipff. * Woelker

Parmi les 22 premiers noms enregistrés, 16 étaient alsaciens.  
Mais toutes les familles de la colonie de Castro ne sont pas arrivées directement à D’Hanis.

Le site se trouve sur l’ancienne route reliant San Antonio au Rio Grande.
D’Hanis n’est pas une ville qui existe déjà et que les colons viennent habiter.

Ils doivent véritablement la créer.

Le terrain est organisé. Des lots sont attribués. Les premières fermes sont installées.
Les maisons commencent à apparaître. La ville naît presque littéralement sous leurs yeux.

Parmi les premiers colons figure Jean Batot, accompagné de son fils Christian, âgé de neuf ans.

Imaginons ce petit garçon marchant derrière son père dans une région qu’il ne connaît pas.
Le petit Christian regarde les arbres et les animaux.
Il regarde son père.
— « C’est encore loin ? »
Son père répond :
— « Encore un peu. »
Quelques minutes plus tard :
— « Maintenant ? »
— « Encore un peu. »

Pour eux, le futur n’est pas une abstraction.
Le futur est simplement quelque part devant eux, au bout du chemin.
Ils marchent.

Et lorsqu’ils arrivent enfin dans la région où D’Hanis doit être fondée, ils découvrent quelque chose de presque déconcertant.
Il n’y a pas de ville.
Il faut la construire.

Le père et son garçon font partie des premiers colons à atteindre le site.  
Christian vient d’un monde européen complètement différent. Il regarde autour de lui. Il ne voit pas de village.
Il voit seulement une terre où il faudra tout construire.

On peut imaginer son père lui dire :
— « Regarde bien. »
Le garçon demande :
— « Qu’est-ce que je dois regarder ? »
Le père montre l’horizon.
— « Tout ça. »
— « Pourquoi ? »
— « Parce que c’est maintenant notre terre. »


                                                   1 125                         Des petites histoires intéressantes :

 

Les Ney

Parmi les premiers habitants de D’Hanis apparaît un personnage qui semble tout droit sorti d’un roman : Jean Ney. 
Jean Ney est probablement l’un des personnages les plus romanesques de l’histoire de D’Hanis. 
Il appartient à la génération européenne qui arrive au Texas avec un passé beaucoup plus ancien.
Jean Ney est le vétéran de Waterloo devenu pionnier texan.

Les sources historiques locales indiquent qu’il était né en Prusse, qu’il s’installa avec la colonie de Castro et qu’il devint l’un des premiers habitants de D’Hanis. 
Une biographie de son petit-fils, Joseph Ney, publiée en 1907, affirme que Jean Ney était vétéran de l’armée de Napoléon et avait participé à la bataille de Waterloo en 1815.

Elle le présente également comme un neveu du maréchal Michel Ney.        Marechal ney

C'est l’un des plus célèbres chefs militaires de Napoléon Bonaparte.  
Michel Ney, duc d’Elchingen, prince de la Moskowa, maréchal d'Empire, né le 10 janvier 1769 à Sarrelouis en Lorraine, est un général français de la Révolution, élevé à la dignité de maréchal d'Empire en 1804 et fusillé le 7 décembre 1815.

Le recensement de 1860 montre un John (Jean) Ney de 74 ans, né en Prusse, vivant avec Catherine Ney, âgée de 76 ans. Dans le même voisinage apparaît Joseph Ney, 26 ans, avec son épouse Theresa et leurs enfants.  

Et là, on peut faire un rapprochement très intéressant : le « National Register of Historic Places » décrit la maison de Joseph Ney Sr. à Old D’Hanis et précise explicitement que son père, Jean Ney, était un vétéran de Waterloo et le neveu du maréchal Michel Ney. 

La maison de Joseph Ney Sr. est particulièrement intéressante.
C’était une longue maison de pierre à un étage, construite au début.

Elle possédait à l’origine un système de type dog-trot, c’est-à-dire deux parties de maison séparées par un passage couvert permettant de bénéficier de la circulation de l’air pendant les fortes chaleurs. 
La maison était assez grande pour avoir servi de relais pour les voyageurs, d’auberge et de relais de diligence (de stage stop) ce qui explique notamment ses dimensions inhabituelles.  

Cela nous permet d’imaginer Jean et Joseph Ney dans un D’Hanis très différent du petit village que l’on voit aujourd’hui.
Des voyageurs arrivaient à cheval. Des diligences passaient. Des hommes se rendaient vers San Antonio ou vers le Rio Grande.
La famille participe à la vie de la route. Les voyageurs passent devant chez elle. Ils avaient besoin d’un lit. Les chevaux sont changés. Les gens mangent et boivent. Les nouvelles circulent. 

La maison Ney était donc potentiellement beaucoup plus qu’une habitation familiale : elle faisait partie de l’infrastructure de la frontière texane.
La maison devient une petite station au milieu de la frontière.

Et Jean Ney avait connu Waterloo ! C’est probablement le détail le plus fascinant.

Le 18 juin 1815, à Waterloo, Napoléon affronte l’armée alliée commandée notamment par Wellington. Jean Ney aurait été alors un jeune homme.
Des années plus tard, il se retrouve à des milliers de kilomètres de là, dans une colonie de pionniers du Texas.
Il avait donc connu deux mondes absolument différents :
l’Europe napoléonienne et la frontière texane.

Difficile d’imaginer qu’un homme ayant connu les armées impériales françaises finisse sa vie dans une petite colonie d’Alsaciens au Texas.

Les Batot

La famille Batot est l’une des mieux documentées.
Jean-Jacques Batot est né le 6 avril 1807 à Mittelwihr dans le Haut-Rhin.
Il épouse Thérèse Toretan (1810 – 1883) à Zellenberg en 1836.
Il quitte l’Alsace avec sa famille en 1846 et arrive au Texas à Galveston en octobre de cette année-là.

En 1850, il est déjà installé à D’Hanis et il apparaît déjà dans le recensement de Medina County à D’Hanis.
Il obtient une propriété de 640 acres (259 Ha) en 1855.
Il est naturalisé américain en 1858.
Il meurt en 1887 et est enterré au cimetière catholique de Saint-Dominique.  

Son fils Christian Batot, né à Mittelwihr (Haut-Rhin) en 1838, grandit et devient adulte à D’Hanis.
Il aura des enfants nés au Texas.
En seulement deux générations, une famille devient véritablement texane tout en conservant son nom alsacien.

Un autre fils : Jean BATOT, né le 01 Mai 1842 à Mittelwihr épouse Mary Ann Turner
(1851 – 1932) et le couple a eu 5 enfants. Il est décédé le 20 Janvier 1905 à D’Hanis. 

 

Les Ludwig

Franz Ludwig : un imprimeur devenu pionnier !
Les Ludwig figuraient comme famille numéro 26 sur la liste des passagers du navire 
Shanrunga.
Le navire quitte Anvers le 15 septembre 1846 et arrive à Galveston le 31 décembre 1846 après une traversée de plus de trois mois.

La famille Ludwig faisait partie des familles qui recevraient une propriété à Old D’Hanis, parmi les vingt-neuf familles pionnières. 
La liste du navire donne même les membres : Franz Ludwig, 31 ans, imprimeur ; Marie Anne, 27 ans ; Joseph, 14 ans et Josephine, âgée de seulement 11 mois.

Le trajet : Alsace → Anvers → Shanrunga → Galveston → Texas → D’Hanis.

Franz Ludwig était imprimeur en Alsace et il possédait donc un métier qualifié.
Mais lorsqu’il arrive à D’Hanis, son métier ne suffit plus.

La frontière texane a besoin d’agriculteurs, d’ouvriers, de conducteurs de chariots, de gens capables de travailler la terre.
A D’Hanis Ludwig devint donc agriculteur et, à une époque wagon driver, probablement pour transporter des fournitures vers le proche Fort Lincoln. 
Un homme qui était imprimeur en Alsace devient conducteur de chariot au Texas !
Il construit sa maison, il clôture ses terres, il cultive et il obtient sa citoyenneté américaine en 1857.

Et il meurt en 1871 à Old D’Hanis.
Son fils Joseph va devenir un homme au Texas.

 

Les Rudinger

Les Rudinger sont une autre famille fondamentale de D’Hanis.

Jean Joseph RUDINGER Sr est né le 4 septembre 1797 à Heiteren dans le Haut Rhin, Alsace.
Il s’est marié le 8 septembre 1819 à Blodelsheim, Haut Rhin.
Il obtint la nationalité américaine le 15 mai 1854.  

 Il arriva le 1 janvier 1847 à Galveston, au départ d’Anvers le 15 novembre 1846 sur le navire « Schanunga ».
Il est décédé le 8 Sep 1866 à D'Hanis et enterré au St Dominic Catholic Cemetery de D'Hanis.

 Le fils, Joseph RUDINGER Jr est né le 13 août 1815 à Blodelsheim en Alsace et décédé le 4 Juillet 1870 à D'Hanis.

La fille Marie Anne RUDINGER est née le 30 novembre 1821 à Blodelsheim et décédée le 25 mai 1847 à Castroville, Texas.
Elle repose au St Dominic Catholic Cemetery, D'Hanis.

On peut également citer Jean Baptiste RUDINGER (24 Jun 1828 - 28 Jun 1903) à Heiteren, Haut Rhin. 
Jean Baptiste RUDINGER est arrivé le 1 janvier 1847 à Galveston.
Il s’est marié le 12 janvier 1869 avec Maria Anna Catherina Fohn (1834 - 1916) à la St Dominic Catholic Church, D'Hanis.
Il est décédé le 28 juin 1903 et enterré au Holy Cross Cemetery, D'Hanis.

John Rudinger House est l’une des maisons des familles fondatrices. 
Il existait également une maison de Joseph Rudinger Jr. et l’ancienne maison de Joseph Rudinger Sr.  
Une construction primitive en rondins aurait été intégrée plus tard à une grange.
Elle aurait même servi de première école de D’Hanis où les prêtres et certains laïcs enseignaient aux enfants.


Les Deckert

Le nom Deckert apparaît également parmi les premiers colons.
La famille Deckert à D'Hanis : Plusieurs membres de la famille Deckert (originaires de communes alsaciennes comme Blodelsheim) ont fait partie de ces pionniers partis d'Alsace pour s'établir à D'Hanis. 
Les registres paroissiaux et de sépulture du cimetière Holy Cross de D'Hanis font état de figures marquantes de pionniers comme John Baptiste Deckert (1828–1902) ou Zachary Deckert (tué au Texas en 1862). 

Le recensement de 1860 montre plusieurs membres de la famille à D’Hanis : Benedict Deckert Jr., Catherine Deckert, Benedict Deckert Sr., Marianne Deckert et Baptist Deckert. Plusieurs sont indiqués comme nés en Alsace.  
La famille est suffisamment importante pour avoir laissé des traces architecturales : les archives historiques locales recensent notamment la maison de Benoît Deckert parmi les maisons des premiers habitants.  

Les Finger

Le nom Finger fait également partie des familles des débuts.
La Joseph Finger Sr. House figure parmi les habitations des premiers colons de Old D’Hanis.  
Dans la liste des chefs de famille de 1850, on trouve justement Francois Joseph Finger Sr. né le 5 mai 1816 à Oberentzen, Haut-Rhin, Alsace.
Il s’est marié le 17 Août 1842 à Oberentzen

Il arriva en novembre 1846 à Galveston, Texas et obtint la nationalité américaine le 15 mai 1859.    
Il est décédé le 27 Août 1886 (âgé de 70 ans) à D'Hanis et enterré au
Saint Dominic Catholic Cemetery de D'Hanis.

 

                                     9 110                       LA PREMIÈRE MAISON à D’HANIS

 

Chaque colon reçut un lot en ville, et des fermes de 20 acres furent arpentées et cédées aux premiers colons. 
Quand on regarde les ruines et les bâtiments historiques de D’Hanis, on ne regarde pas simplement une architecture texane mais la manière dont des Européens ont adapté leurs habitudes de construction à une nouvelle terre.

La première chose dont une famille a besoin n’est pas d’un magasin, ni d’une école, ni même d’une église.
C’est un abri.

Les premiers colons utilisent donc les matériaux disponibles autour d’eux. 
Le bois est relativement limité dans certaines parties de cette région.
Les matériaux sont rares. On construit avec ce que l’on trouve.
Les premières habitations sont construites avec des pieux de mesquite et des toits de chaume. 
Plus tard, elles sont remplacées par des maisons en pierre dont certaines présentent une architecture nettement influencée par l’Europe.  

Mais les premières maisons sont simples. Très simples.
Certaines ressemblent davantage à des abris qu’aux maisons confortables que les colons ont connues en Europe.

Mais pour une famille qui a passé des mois à voyager, quatre murs et un toit représentent déjà une victoire.
Le soir, on allume un feu. On mange ce que l’on possède. On regarde le ciel.

Et pour la première fois, quelqu’un peut dire : « C’est chez nous. »

Même si cette maison n’est encore qu’une cabane.
Il faut apprendre à survivre.
Les premières années sont difficiles. La vie est dure et extrêmement précaires.
Ce n’est pas une aventure facile !

Les colons doivent comprendre le climat, apprendre quelles terres sont bonnes pour l’agriculture et découvrir les ressources disponibles.
Certaines récoltes échouent. La nourriture peut manquer.
Les animaux représentent parfois une menace.
Les serpents à sonnette sont partout dans les récits de cette époque.

Les traditions locales ont conservé des histoires racontant que certains colons, pendant les périodes les plus difficiles, ont dû manger des plantes sauvages et même des serpents à sonnette.

Les habitants doivent cultiver la terre, élever des animaux, construire des clôtures, trouver de l’eau, protéger leurs familles et apprendre à connaître le paysage.

La colonie souffre des problèmes qui touchent également l’ensemble de la colonie de Castro : maladies, sécheresses et conflits de frontière.  

Les récits anciens racontent également des épisodes de grande pauvreté alimentaire.

Il faut cependant être prudent avec ces récits : ils appartiennent en partie à la mémoire locale et ne permettent pas de dire que toutes les familles ont vécu exactement de cette manière.

Ces immigrants européens, habitués aux villages et aux champs d’Alsace, doivent soudain apprendre à vivre dans un environnement où une promenade peut se terminer par une morsure de serpent et où la nourriture n’est jamais garantie.

Le rêve américain commence parfois par une chose beaucoup moins romantique : avoir suffisamment à manger pour passer l’hiver.

 

               10 102                       L’ALSACE AU TEXAS         8 101

 

Et pourtant, quelque chose de remarquable se produit.
Les colons ne perdent pas immédiatement leur culture.
Au contraire. Ils la recréent.

Ils continuent à préparer les aliments qu’ils connaissent. Ils conservent leurs fêtes. Ils parlent leur langue. Ils donnent aux enfants des prénoms européens. Ils restent catholiques.

Dans beaucoup de familles, on parle alsacien à la maison.
Cela signifie qu’au milieu du Texas, on peut entendre des conversations qui auraient parfaitement pu être entendues dans un village alsacien.
Mais autour de ces conversations, tout est texan : les chevaux, les armes, les prairies, les cactus, les cowboys, les distances.

 

P1140709              C’est ainsi qu’une nouvelle identité commence à apparaître.


Une identité alsacienne-texane.
D’Hanis reste une communauté de frontière.
Les habitants vivent dans une région où les conflits avec différents groupes amérindiens font partie de la réalité de l’époque.

 

LE FORT LINCOLN

 

                   26 50           1848 : les Texas Rangers arrivent.      35 33


À la fin de la guerre américano-mexicaine, le gouvernement américain cherche à organiser une ligne de défense de la frontière.

En 1848, une compagnie de Texas Rangers commandée par Charles S. DeMontel installe un camp sur Seco Creek, à environ un mile au nord de D’Hanis.  

DeMontel est un personnage particulièrement intéressant pour l’histoire de D’Hanis.
Il avait participé à la fondation de Castroville et avait épousé Justine Pingenot, fille d’une famille de colons de Castro. 
En 1848, il commande donc les Rangers chargés de protéger la région de D’Hanis.  

1849 : Les soldats arrivent.

Deux ans seulement après la fondation de D’Hanis, le paysage change encore.
Soudain, des soldats apparaissent : des chevaux, des uniformes, des armes, des patrouilles, des convois.

 

                               15 82               Pourquoi Fort Lincoln apparaît près de D’Hanis ?

 

Le 7 juillet 1849, l’armée américaine établit Fort Lincoln au même endroit que l’ancien camp des Texas Rangers à Seco Creek.

Le nom vient du capitaine George Lincoln, officier du 8th U.S. Infantry, mort pendant la bataille de Buena Vista pendant la guerre américano-mexicaine.  
Deux compagnies du 8th U.S. Infantry, les compagnies E et G, y sont stationnées.

La mission du fort est très claire et était notamment de repousser et poursuivre les groupes amérindiens responsables des raids qui attaquaient les colons et les convois.
Fort Lincoln se trouvait donc à seulement environ 1,6 km au nord de D’Hanis qui n’était vraiment pas un village isolé sans défense.

Les habitants de D’Hanis et des environs avaient particulièrement peur pour leurs chevaux et leur bétail.
Pour une famille pionnière, perdre quelques chevaux pouvait être catastrophique.

Les groupes amérindiens pouvaient également s’emparer de bétail ou de chevaux lors de leurs déplacements.
C’est l’une des raisons pour lesquelles la route entre San Antonio, D’Hanis et le Rio Grande était stratégiquement importante.

Fort Lincoln protégeait également le trafic de la route commerciale sur la Woll Road, qui reliait San Antonio à Fort Duncan et aux régions situées plus à l’ouest.  

Le fort change la vie du village. 
Pour les habitants, la présence militaire est importante.
D’Hanis se trouve sur une frontière où les tensions et les attaques amérindiennes constituent une menace réelle.
Le fort apporte donc une protection supplémentaire.

Mais il apporte également une activité économique.
Les soldats ont besoin de nourriture, de chevaux, de matériel, de services.
Les colons peuvent leur vendre ce qu’ils produisent.

D’Hanis n’est plus simplement un groupe de familles essayant de survivre mais
le village commence à devenir un véritable point de passage et ainsi à devenir davantage qu’une simple communauté agricole.

Au sud du Fort Lincoln, une petite ville se forma appelée Seco Settlement. 
Quelques habitants de D'Hanis s'installèrent dans cette communauté pour plus de protection. 
Les membres de cette communauté construisirent une école, des maisons et plusieurs petites entreprises.

 

                                  36 27                      ET LES INDIENS ?          21 61

 

D’Hanis se trouvait dans une zone de frontière particulièrement exposée aux Amérindiens Comanches et aux Apaches Lipans. 
La région de l’actuel Medina County était parcourue depuis longtemps par des groupes de ces deux peuples, notamment lors de déplacements saisonniers et de raids vers le Mexique.  

Les Comanches : la principale menace pour D’Hanis !

Pour les colons de D’Hanis, les Comanches étaient probablement le peuple amérindien le plus redouté.
Les Comanches étaient alors une puissance militaire majeure dans les Grandes Plaines et le centre-ouest du Texas. 
Ils se déplaçaient à cheval et effectuaient de longues expéditions, notamment pour capturer des chevaux et du bétail. 
Leur territoire et leurs déplacements s’étendaient largement vers le sud du Texas et le nord du Mexique.

 

                             12 98                                     33 50                                        18 71

 

 Lorsque les Alsaciens arrivent à D’Hanis en 1847, ils ne s’installent donc pas dans une région « vide ». Ils arrivent dans un territoire que les peuples autochtones parcourent depuis des générations.

C’est précisément l’une des raisons pour lesquelles la colonie de Castro a rapidement eu besoin de protection.
Les sources historiques indiquent que Castro’s Colony subit des attaques amérindiennes, en plus des épidémies et des sécheresses.  

Les Lipan Apaches

L’autre peuple essentiel de la région est celui des Lipan Apaches.
Les Lipans occupaient historiquement une immense zone comprenant le sud et le centre du Texas, jusqu’au nord du Mexique. 
Au XIXᵉ siècle, ils étaient encore très présents dans cette région.  
Certains Lipans étaient alliés des Texans et des colons européens, notamment contre les Comanches et parfois contre les autorités mexicaines.

 

                    2 125                            17 78                            31 38

 

Un exemple extraordinaire est le chef Cuelgas de Castro, un chef lipan du début du XIXᵉ siècle. 
Il avait établi des relations avec les colons anglo-américains et la République du Texas. Son fils Juan Castro lui succéda.  
Les Lipans avaient donc des relations variables avec les Européens.

 

                                            8 100                         1870 : le drame de Walter Richarz

 

C’est probablement l’incident le mieux documenté qui relie directement une famille de D’Hanis aux combats contre les Indiens.
En 1870, le Texas organise les Frontier Forces pour renforcer la défense de la frontière.

Heinrich Richarz devient capitaine de la Company E, stationnée à Fort Inge, près d’Uvalde au Texas.

Son fils Walter Richarz, âgé d’environ 24 ans, sert comme soldat dans cette compagnie.  
Le 6 décembre 1870, Walter Richarz et le soldat Joseph Riff sont tués dans un combat contre des Indiens à plusieurs kilomètres de Fort Inge.

Le Texas Department of Public Safety confirme que Walter Richarz est mort ce jour-là dans un combat entre Fort Inge et la rivière Leona.  
Une source plus détaillée indique qu’une autre patrouille de Rangers, le même jour, affronta environ 70 Comanches. 
Dans cette action, le Ranger Lorenzo Biediger fut tué et plusieurs Indiens furent blessés ; les Comanches se retirèrent finalement vers le Mexique.  

Walter Richarz était issu de la famille Richarz installée près de D’Hanis et il est enterré au Rudinger/Richarz Cemetery à D’Hanis.  


 Vieille maison       1850 : LE VILLAGE D’HANIS EXISTE.   Habitant

 

En 1850, D’Hanis compte déjà environ vingt habitations et un instituteur.  
Cela fait seulement trois ans que les vingt-neuf familles se sont installées..
Les pionniers ont travaillé extrêmement vite pour transformer le campement initial en véritable village.

D’Hanis devient progressivement plus organisée.
Il y a des commerces, des maisons, une école, des voyageurs, des chevaux, des charrettes, des agriculteurs, des éleveurs, des religieux, des militaires.

La ville devient une étape importante sur les routes reliant San Antonio aux régions du sud-ouest.

Les voyageurs ont besoin d’un endroit où dormir. Les marchandises doivent être vendues. Les chevaux doivent être nourris. Les nouvelles circulent.

Une personne qui arrive à D’Hanis peut apporter des nouvelles de San Antonio.
Un autre repart vers le Rio Grande avec des nouvelles du village.
Ainsi, un petit village isolé devient peu à peu connecté au reste du Texas.

 

                                              24 60                           L’EGLISE             Dominicschurchst anthonysschool olddhanis

 

La foi catholique est centrale dans la communauté. La congrégation de D’Hanis est formée dès 1847. 
Un petit bâtiment fut construit au centre du village, servant d'église catholique avec des offices tenus par des prêtres de la ville voisine de Castroville. 
Puis D’Hanis devient une paroisse missionnaire en 1853.

La religion occupe une place essentielle dans la communauté.
Pour les colons, l’église n’est pas seulement un bâtiment. C’est le centre de la vie collective.
On y baptise les enfants. On y célèbre les mariages. On y enterre les morts. On s’y retrouve le dimanche.
Elle donne aussi un rythme à l’année avec Noël, Pâques, les fêtes des saints, les cérémonies familiales.

Peu à peu, les habitants construisent alors une église en pierre.
Le chantier est difficile.

Le bois doit être transporté avec des attelages de bœufs depuis la région de la Medina river.
Un homme conduit les bœufs. Derrière lui, une charrette chargée de bois avance lentement.
Il fait chaud. La route est difficile.
Chaque voyage rapproche les habitants de leur objectif : construire une vraie église.
Un lieu où toute la communauté pourra se réunir.

Chaque morceau de matériau représente du travail. Chaque pierre doit être déplacée. Chaque mur doit être construit à la main.
Et pourtant, l’église finit par prendre forme.
               

 L’église est dédiée à Saint Dominique.

 

                          Dubuis 1          Le père Claude Marie Dubuis

Il fut notamment curé à Castroville, desservait également les communautés

environnantes dont D’Hanis, Quihi et Vandenburg. 
Il devait parfois voyager à cheval à travers des territoires où circulaient les Comanches. 
Il raconte même avoir été capturé quatre fois par des Amérindiens.  

En 1868, une extension en grès est ajoutée après l’arrivée du premier curé résident.  
À partir de là, l’église devient véritablement le cœur du vieux D’Hanis.
L’église accompagne toute l’existence des habitants.

Lorsque les habitants la regardent, ils voient quelque chose de plus grand qu’un bâtiment.
Ils voient la preuve qu’ils sont arrivés à construire une communauté.

Imaginons un dimanche matin. Le soleil se lève sur la prairie.
Les habitants sortent de leurs maisons. Les enfants courent. Les adultes mettent leurs plus beaux vêtements.
Puis la cloche sonne. Le son se répand dans la campagne.
Il atteint peut-être même les voyageurs qui passent sur la route.

Pour un immigrant alsacien, ce son doit être profondément familier : une cloche d’église.

Dans un pays étranger, à des milliers de kilomètres de l’Europe, pendant quelques minutes, la distance disparaît.
Le Texas est toujours là. Mais le son de la cloche rappelle l’Alsace.

Au début des années 1870, deux religieuses des Sisters of Divine Providence enseignent à D’Hanis.  
Les enfants peuvent donc recevoir une instruction religieuse dans leur petite communauté.

Les traditions alsaciennes restent particulièrement visibles dans les fêtes.
Il n’y a évidemment pas les marchés de Noël alsaciens que l’on connaît aujourd’hui.
Mais les familles conservent certaines coutumes.

La Saint-Nicolas reste importante. Les enfants attendent les cadeaux.
Certaines familles préparent des plats traditionnels. Le pain et les pâtisseries rappellent l’Europe. On prépare aussi des spécialités comme le Kochkäse.
Et certaines traditions de Noël restent associées au Christkind, l’Enfant Jésus, plutôt qu’au Père Noël américain (Santa Claus).

À plusieurs milliers de kilomètres de l’Alsace, des enfants texans grandissent avec des traditions héritées de leurs arrière-grands-parents alsaciens.

                                                  Cimetiere                             LE CIMETIERE             11 109

 

Le cimetière commence lui aussi dès les débuts de la colonie.
Toute communauté doit faire face à la mort.

Selon le marqueur historique de la Texas Historical Commission, il remonte à l’inhumation d’un enfant de colon en 1847.  
La pierre tombale devient alors le seul témoignage durable de cette histoire.

Au fil des années, d’autres tombes apparaissent. Les noms s’accumulent.

 

       Cimetiere dhanis      Le cimetière devient une sorte de registre silencieux de la colonie.       Tombe 1


Le vieux cimetière de D’Hanis commence à se remplir dès les premières années.

Puis, les épidémies surviennent.
En 1893, la diphtérie frappe durement la communauté.

Un nouveau cimetière est créé. L’ancien est progressivement abandonné. Mais les pierres restent. Et sur ces pierres apparaissent des noms européens.
Des noms qui racontent silencieusement l’origine des familles.

 

1854 : LE BUREAU DE POSTE

En 1854, D’Hanis obtient son bureau de poste, c’est extrêmement important.

Le courrier signifie que D’Hanis est désormais connecté à un monde beaucoup plus vaste.

Une lettre peut partir du village et rejoindre San Antonio, puis continuer vers d’autres régions.
Les familles peuvent recevoir des nouvelles.
Les commerçants peuvent correspondre avec leurs fournisseurs.
Les voyageurs peuvent transmettre des informations.
D’Hanis commence à devenir un véritable point de communication.

 

5 123         Le village devient également une étape sur la route entre San Antonio et le Rio Grande.


D’Hanis n’est plus seulement une colonie d’immigrants.
Elle devient une petite ville de frontière
.

Et cette position va lui apporter une activité étonnante pour un village aussi jeune.

Vers cette époque, D’Hanis n’est plus le minuscule campement de 1847.

Les voyageurs peuvent y trouver des services.
La vie sociale se développe.

Et certaines traditions alsaciennes survivent.

Dans les familles, on continue à préparer des recettes héritées d’Europe.
Beaucoup de personnes âgées continuent à parler alsacien.
Les fêtes religieuses gardent une importance particulière.

Le Texas transforme progressivement ces immigrants.
Mais les immigrants transforment aussi le Texas.

 

                                                                   2 castro                                         LE TEXAS CHANGE                     2 castro

 

Les années passent. Le Texas change. Les villes grandissent. Les routes deviennent meilleures. Les distances deviennent moins importantes.

En 1881, D'Hanis comptait deux magasins, une salle de danse, sa grande église catholique et des bains réputés pour avoir des propriétés médicinales. 

Et une invention va bouleverser D’Hanis plus que tout le reste : le chemin de fer.

 

                  Train 1               En 1881, le train approche.             Gare


Le
Galveston, Harrisburg and San Antonio Railway traverse le comté de Medina.
Pour D’Hanis, cela devrait être une bénédiction et pour les habitants, c’est une révolution.
Le train signifie commerce, voyage, courrier, marchandises, prospérité.

Les habitants imaginent déjà les wagons arrivant devant leur ville.
Mais ils découvrent bientôt un problème.
Le chemin de fer ne passe pas par D’Hanis. Il passe à environ 2,4 kilomètres de la ville.

En 1881, c’est potentiellement la différence entre la prospérité et l’oubli.
Une ville sans chemin de fer risque de perdre son importance.

Une ville avec une gare peut attirer des marchandises, des voyageurs et de nouveaux habitants.

Alors la question devient terrible :
Certains habitants sont furieux. D’autres doivent être inquiets.
Quelques-uns comprennent immédiatement : faut-il abandonner la ville que nos parents ont construite pour sauver notre avenir ?

Finalement, beaucoup choisissent de partir.
Et c’est là que commence l’une des histoires les plus extraordinaires de D’Hanis.
La ville va déménager.

Comme dans de nombreuses autres villes de l'Ouest, la grande majorité de la colonie s'est rapprochée du dépôt du chemin de fer. 

 

                          Maison ruine                        LE DÉMÉNAGEMENT           14 91

 

Imaginons une rue de D’Hanis en 1881. Une maison est démontée. Les hommes chargent des morceaux de bois sur une charrette. Une femme rassemble les affaires de la famille. Les enfants regardent. 

— « Nous allons vers la nouvelle ville parce que le train est là-bas. »

Une maison après l’autre. Un commerce après l’autre. Une famille après l’autre.
D’Hanis se déplace.
La nouvelle ville s’organise autour du chemin de fer.
Et l’ancienne commence à mourir.

 

OLD D’HANIS ET NEW D’HANIS

 

        Ancienne rue principale                      Magasin dhanis   

                                                                                 Boutique                                         13 87

 

Les deux communautés continuent d’exister.
Il y a ceux qui ont suivi le chemin de fer.
Et ceux qui restent attachés à l’ancien village.

Le passé contre l’avenir. La tradition contre le progrès.
La vieille communauté contre la nouvelle économie.

Et finalement, l’histoire donne raison aux habitants qui ont suivi le train.

C’est le paradoxe parfait de D’Hanis.
Le chemin de fer a condamné Old D’Hanis, mais il donne un avenir à New D’Hanis.
La ville qui avait été déplacée à cause du train profite maintenant pleinement de sa présence. 

Après seulement quelques années, il ne restait presque rien de l'ancienne ville, à part son cimetière et sa grande église catholique.

 

         Capture d e cran 2026 09 05 a 11 50 48                   1 124                   23 61


New D'Hanis se trouvait juste au sud de la colonie de Seco qui s'était formée autour de Fort Lincoln au début des années 1850. 

Entre-temps, Fort Lincoln avait fermé en 1852, après que la ligne frontalière ait avancé vers l'ouest. 
Les bâtiments sont restés intacts pendant un certain temps et les Texas Rangers y ont établi leur quartier général. 
Plus tard, cependant, les casernes ont été démolies et transformées en résidences à Seco Settlement et le bâtiment de l'hôpital a été utilisé comme résidence privée.

 

 37 26     OLD D’HANIS DEVIENT UNE VILLE FANTÔME  Eglise st domini

 

Les années passent. Puis les décennies. La nouvelle ville grandit. La vieille ville, elle, disparaît lentement.

Une maison est abandonnée et se dégrade. Puis une autre. Un toit s’effondre. Les fenêtres disparaissent. La végétation reprend ses droits.
Les chemins se couvrent d’herbe. L’ancien cimetière devient silencieux. L’église n’est plus remplie le dimanche. Le silence remplace les voix. 

Et pourtant, les pierres restent, résistent.
L’ancien D’Hanis devient une sorte de photographie grandeur nature du XIXᵉ siècle.
Pendant que New D’Hanis continue de vivre, Old D’Hanis s’efface.

Et aujourd’hui, ce sont ces ruines qui permettent de comprendre à quoi ressemblait la communauté des premiers colons.
Le site est officiellement reconnu comme Old D’Hanis, et le marqueur historique installé en 1936 rappelle son établissement par les vingt-neuf familles en 1847.  

 

                                                                                           

 

Il y a une raison particulière pour laquelle l’ancien cimetière est devenu si important.
En 1893, une épidémie de diphtérie frappe la communauté.
Après cette épidémie, un nouveau cimetière est créé et l’ancien cesse progressivement d’être utilisé.  
Certaines tombes sont marquées par des éléments en fer forgé.

Et lorsqu’on regarde ces pierres, on réalise quelque chose.
Ces gens ne sont pas simplement venus « au Texas ».
Ils ont construit une vie ici. Et ils sont morts ici.

 

            39 19              Ruine eglise              3 126               Interieur maison

 

Imaginons maintenant Old D’Hanis au coucher du soleil.
Il n’y a plus les cris des enfants. Plus de charrettes. Plus de voyageurs. Plus de magasins. Plus de train.
Seulement le vent.

Les murs de Saint-Dominique sont encore debout. Une partie de l’architecture a disparu.
Mais les pierres racontent encore l’histoire.

Une ville peut mourir sans que ses habitants meurent avec elle. Ils sont simplement partis ailleurs. Ils ont emporté leurs vies.
Leur ville, elle, est restée derrière.

Aujourd’hui, lorsque l’on arrive à Old D’Hanis, il faut faire un effort d’imagination.

Les grandes rues n’existent plus comme autrefois. Les commerces ont disparu. Les voix se sont tues. Mais l’église Saint-Dominique est encore là sous forme de ruines.
Le vieux cimetière est là.
Et les noms sont là : Batot, Ney, Rudinger ….

 

                        32 36            Des noms alsaciens gravés dans la pierre texane.

 

Ils racontent l’histoire de gens qui ont quitté l’Europe sans savoir exactement ce qui les attendait.

C’est l’histoire d’une communauté qui a dû se réinventer plusieurs fois.

D’abord pour survivre au Texas. Puis pour survivre au chemin de fer. Puis pour survivre à la disparition d’Old D’Hanis. 

Mais quelque chose n’a jamais complètement disparu : l’Alsace, restée dans les noms, dans les recettes, dans les prières, dans les fêtes, dans les mariages, dans les conversations familiales, dans les souvenirs transmis aux enfants.

Et aujourd’hui encore, lorsque le vent traverse les ruines de Saint-Dominique, on peut imaginer le son d’une cloche construite par des immigrants.
Une cloche qui aurait pu sonner dans un village alsacien.
Mais qui a finalement sonné au milieu du Texas.

Et c’est peut-être pour cela que D’Hanis est si fascinante : parce qu’au milieu du Texas, pendant un moment, une petite partie de l’Alsace avait traversé l’océan et trouvé une nouvelle maison.

Et c’est ainsi que D’Hanis devient l’une de ces rares communautés américaines où le nom d’une ville désigne finalement un lieu différent de son site d’origine.

La nouvelle D’Hanis trouve rapidement une activité importante.
Et là, le chemin de fer devient finalement le meilleur allié de la nouvelle ville.

 

                                      Reservoir eau               LE DEVELOPPEMENT

 

En 1883, la D’Hanis Brick and Tile Company commence son activité produisant de la terre cuite naturelle faite main. La terre locale permet de fabriquer des briques et tuiles. 
Les fours fonctionnent. Les ouvriers travaillent. Les briques sont chargées sur les trains. 
Et le chemin de fer permet de les vendre beaucoup plus loin.

 

         Briqueterie              Briques              Capture d e cran 2026 09 05 a 11 47 28

 

Après toutes ces années, l'entreprise opère toujours dans la petite ville, continuant à fabriquer des briques et des tuiles à l'ancienne. 
Les briques sont fabriquées à partir d'argile locale trouvée dans la région et envoyées dans le monde entier. 

Cependant, elles sont également très visibles dans les bâtiments de D'Hanis, allant des bâtiments commerciaux aux maisons en passant par les cabanons.

L’industrie se développe et l’entreprise reste en activité jusque dans les années 1980.  

Au cours de la décennie suivante, la communauté possédait également quatre magasins généraux, un saloon, un moulin à farine et à grains, ainsi que deux hôtels, dont l'hôtel en bois J.M. Koch (prononcé Cook) construit en 1898. 

En 1900, D'Hanis compte 266 habitants.
La communauté continue de se développer.
Une école catholique, St. Anthony’s, est construite en 1908.
Le même contexte voit apparaître le journal local, le D’Hanis News, qui commence également en 1908.  

La ville possède désormais quelque chose que les premiers pionniers n’auraient jamais imaginé : son propre journal.
Les habitants peuvent lire les nouvelles locales. Les événements sont annoncés. Les décès sont rapportés. Les activités communautaires sont racontées.

La mémoire de D’Hanis commence à être écrite par les habitants eux-mêmes.

En 1906, l'hôtel J.M. Koch, qui servait principalement les voyageurs ferroviaires, a été reconstruit en brique locale.

 

         Il fonctionne toujours aujourd'hui comme auberge de type bed and breakfast.          Capture d e cran 2026 09 05 a 11 37 25


En 1908, l'école St. Anthony a été construite et le D'Hanis News a commencé à paraître. Il a ensuite été renommé D'Hanis Star et a continué jusqu'en 1923.

 

           Capture d e cran 2026 09 05 a 11 47 47            En 1910, une seconde briqueterie, Seco Pressed Brick, fut construite

 

et le district scolaire indépendant de D'Hanis fut créé. 
L'église St. Dominic dans l'ancienne D'Hanis fut abandonnée en 1914 après la construction de l'église Holy Cross dans la nouvelle D'Hanis. 

Les ruines de l'ancienne église subsistent près de l'ancien cimetière catholique. 
L'église Holy Cross, achevée en 1914, brûla en 1963 mais fut reconstruite et continue de servir sa congrégation aujourd'hui. 
En 1916, la première banque de la ville ouvrit.
 
Au fil du temps, la population de D’Hanis devient plus diverse.
La communauté mexicano-américaine joue un rôle important dans la vie de la ville.

En 1924, une seconde église catholique, appelée Our Lady Queen of Peace, fut construite pour les Mexicano-Américains de la ville. 

C’est un autre tournant.

D’Hanis n’est plus uniquement la colonie alsacienne de 1847.
La ville continue de changer.
L’histoire texane est faite de migrations successives.

Les Alsaciens ont été parmi les premiers à construire la communauté.
Puis d’autres populations viennent s’y installer.
Les cultures se rencontrent.

Et D’Hanis devient progressivement une communauté texane à part entière.

En 1930, la population était estimée à 270 habitants. Au fil des années, la ville a subi plusieurs inondations, la plus récente en 2007. 
L'église Sainte-Croix a été gravement endommagée par un incendie en 1963 mais a été restaurée l'année suivante.

D'Hanis installa des réseaux d'eau en 1955, des lampadaires en 1957 et un système d'égouts en 1973.

 L'école Seco resta active jusqu'aux années 1940 et Seco Settlement fut considérée comme une ville distincte pendant de nombreuses années. 
Aujourd'hui, cependant, elle fait partie de D'Hanis. 
À un moment donné, l'usine de briques Seco fut rachetée et fusionnée avec la D'Hanis Brick and Tile Company.

Le D'Hanis Country Mart, situé dans le bâtiment Louis Carle de 1908, sert de magasin général et d'épicerie, tout comme il le faisait en 1908.

 

                 Rue actuelle                    Magasin                   Dhanis actuel

 

La population de la petite ville est aujourd'hui d'environ 550 habitants
Elle continue de compter plusieurs commerces, dont un bureau de poste, la D'Hanis State Bank, à son emplacement d'origine depuis 1916 ; Bill and Rosa's Steakhouse and Saloon, situé dans un ancien magasin de bricolage et le Country Mart situé dans le bâtiment Louis Carle de 1908. 

Ce vieux bâtiment servait à l'origine de magasin général et d'épicerie, tout comme aujourd'hui. Le deuxième étage a servi à plusieurs fonctions, notamment le premier bureau commercial de la briqueterie D'Hanis, la compagnie de téléphone, le journal The D'Hanis Star et la D'Hanis Land Company. 
Aujourd'hui, il abrite le Lodge, accessible aux chasseurs, aux réunions de famille, aux fêtes et aux retraites d'entreprise. 
En plus de contenir une grande salle, il comprend également un grand salon, quatre chambres, deux salles de bain et une vaste cuisine.

L'historique hôtel Koch a été entièrement modernisé et rénové et sert désormais de bed and breakfast. Rempli d'antiquités, il comprend cinq grandes chambres d'hôtes, chacune avec une salle de bain privée.

 

                                                                                                           


   Capture d e cran 2026 09 05 a 11 41 41     Aujourd’hui, D’Hanis existe toujours.  Capture d e cran 2026 09 05 a 11 42 13

 

Old D’Hanis rappelle l’endroit où tout a commencé.

Le soleil se couche sur Old D’Hanis.
Un homme marche lentement entre les ruines. Il s’arrête devant Saint-Dominique.
Il pose la main sur une pierre. Cette pierre a été posée par quelqu’un qui venait peut-être d’Alsace. 
Quelqu’un qui avait traversé l’océan. Quelqu’un qui avait probablement connu la peur, la maladie, la faim et la solitude.
Quelqu’un qui avait regardé cette prairie et décidé d’y construire une maison. Puis une église. Puis une communauté.

L’homme regarde le vieux cimetière.
Il pense à toutes les générations qui sont passées ici.
Et soudain, l’histoire de D’Hanis peut se résumer en une seule phrase :
Des gens sont venus de très loin pour construire une nouvelle vie et lorsque le monde les a obligés à changer d’endroit, ils ont déplacé leur ville sans déplacer leur mémoire.

Car la ville a bougé.
Sur les pierres, on peut encore lire les noms de ceux qui ont traversé l’Atlantique pour devenir Texans.

C’est cela, finalement, l’histoire de D’Hanis.
Ce n’est pas seulement l’histoire d’un village.
 

                      C’est aussi l’histoire d’une migration.                  29 43

 

L’histoire d’une communauté catholique alsacienne qui s’est retrouvée au milieu d’une frontière américaine.
L’histoire d’hommes et de femmes qui ont dû apprendre à vivre dans un environnement totalement différent du leur.
L’histoire d’une ville qui a connu la frontière, l’armée, les routes, les maladies, les épidémies, le chemin de fer et l’industrie.

Et surtout, c’est l’histoire d’une ville qui a connu quelque chose d’assez rare :
elle a été fondée une première fois… puis elle a dû se déplacer pour continuer à exister.

Aujourd’hui, lorsque le soleil descend derrière les ruines de Saint-Dominique, l’endroit paraît presque vide.

Mais si on connait son histoire, on ne voit plus seulement des ruines.
On voit 1847, les vingt-neuf familles, les chariots, on entend parler français et alsacien, on entend les enfants, on entend les bœufs tirer le bois depuis la Medina, on entend la cloche de l’église, on voit les soldats de Fort Lincoln.
Puis, des décennies plus tard, on entend le sifflement du train.

Et on comprend pourquoi les habitants ont chargé leurs affaires sur des chariots et sont partis vers l’ouest. Vers New D’Hanis.
La vieille ville est alors condamnée.

Mais son histoire, elle, ne disparaîtra jamais.

Car Old D’Hanis n’est pas vraiment une ville morte.
C’est une ville qui a cessé de vivre comme avant.

 

 

                                                                         Ranch 1                          THE END

 

 

 

 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 15/09/2026