LES VIKINGS EN AMERIQUE

LA CONQUETE DE L'AMERIQUE PAR LES VIKINGS
La grande épopée Viking vers l’Amérique.
Le mythe de l’homme blanc venu de l’Est.
LES ENFANTS DE LA MER
Dans les fjords de Norvège, la mer est partout. Elle s’insinue dans les vallées, s’accroche aux falaises, rugit sous les tempêtes. Les hommes y apprennent très tôt à lire le vent, le courant, la houle. Les enfants jouent sur les quais, les femmes réparent les voiles, les anciens racontent les routes invisibles.
Chaque génération sait qu’elle devra partir plus loin que la précédente.
La pression démographique, la rareté des terres agricoles et les conflits internes poussent les clans à migrer.
L’Islande est colonisée au 9ème siècle, puis le Groenland.
À chaque étape, les Vikings repoussent la frontière du monde connu.
Le vent du nord hurlait comme une bête blessée contre les parois de tourbe. Dans la pénombre des maisons longues, les flammes vacillaient, projetant des ombres géantes sur les poutres noircies. Les enfants s’étaient tus. Les anciens murmuraient des prières aux dieux. Car la mer appelait encore.
Depuis des générations, les hommes du Nord vivaient au rythme de l’océan. Ils ne possédaient pas la mer : c’était elle qui les possédait.
Elle leur offrait la nourriture, les routes et la gloire, mais réclamait parfois son tribut de sang.
Les Vikings, venant en particulier de Norvège, s'établissent en Islande à partir du dernier quart du 9ème siècle. Cette île, rapidement colonisée et instituée en oligarchie constitue le tremplin des Scandinaves vers l'Amérique du Nord.
L’APPEL DE L’OUEST 
Les traditions orales correspondent étonnamment bien à la présence Viking au Canada vers l’an 1000.
Des textes, rédigés au 13ème siècle, racontent des événements vieux de plus de 200 ans, mêlant faits historiques, traditions orales et éléments mythiques.
Vers l’an 980, le monde nordique est en expansion.
Les terres de Scandinavie sont saturées, les conflits nombreux, les ressources limitées.
Erik le Rouge (vers 950–1003) était un chef Viking islandais au tempérament brutal.
L’Islande a été colonisée par les Vikings.
Vers 982, Erik le Rouge (Eiríkr rauði) est forcé à l'exil durant trois ans à la suite de plusieurs cas d'homicides en Islande.
Il est banni d’Islande et prend la mer vers l’ouest et découvre une grande terre glacée : le Groenland.
Pour attirer des colons, il la baptise volontairement : Groenland ou Grønland – “la terre verte”.
« Un superbe coup de marketing médiéval ».
Vers 985, une flotte composée de 400 à 700 colons islandais navigue jusqu'au Groenland pour s'y établir.
A la même époque, lors de la colonisation du Groenland, il fonde deux grandes colonies : L’Établissement de l’Est et l’Établissement de l’Ouest.
Environ 5 000 colons vikings vivent au Groenland pendant près de 500 ans.
Si Erik le Rouge est resté fermement fidèle aux cultes nordiques, le christianisme se développe au Groenland, peut-être sous l'influence de son épouse Thjódhild, à qui est attribuée la fondation de la première église du Groenland à Brattahlíð.
La quête d'ivoire de morse, et probablement de fourrure sont à l'origine de l'installation des Vikings au Groenland.
Jusqu'au 13ème siècle, l'ivoire échangé sur les marchés européens et proche-orientaux au prix fort provenait exclusivement du Groenland, ce produit de luxe devenant ainsi le moteur de l'exploration au Groenland et en Amérique du Nord.
Le chargement d'un navire vendu en 1327 à Bergen comprenait 520 défenses de morses.
Une des causes principales de l'exploration à l'ouest du Groenland est la recherche de bois, utilisé pour la construction et le chauffage et de fabriquer toutes sortes d'outils, de meubles et d'autres objets.
Les 500 premiers colons s'installent le long d'une douzaine de fjords libres de glaces et relativement verts, favorables à une agriculture basée sur l'élevage et riches en gibier.

Près de 500 fermes ont été mises au jour par les archéologues dans ce premier groupe de colonies appelé Eystribygð (Établissement de l'Est). Environ 500 km au nord, une seconde colonie est rapidement fondée appelée Vestribyggð (Établissement de l'Ouest), à proximité de l'actuelle capitale du Groenland, Nuuk. Cet établissement était constitué de 95 fermes dont les plus importantes se trouvent à Sandnes.
Un troisième petit établissement composé d'une vingtaine de fermes et situé quelques kilomètres au nord de l'Établissement de l'Est est parfois appelé Établissement du Milieu.
Sur la pointe sud du Groenland est indiqué le nom de Herjólfsnes, le principal port à l'époque scandinave.
Selon les Sagas des Islandais, l'île est découverte par hasard au début du 10ème siècle par le marin islandais Gunnbjörn Ulfsson, déporté vers l'ouest par une tempête. Il aperçoit un groupe d'îles, qu'il appelle Gunnbjarnarsker (les écueils de Gunnbjörn).
Erik le Rouge sait que cette terre du Groenland ne suffira jamais !

Mais au-delà du Groenland, l’océan s’étend encore.
Depuis le Groenland, les Scandinaves vikings explorent plus tard les voisinages occidentaux et méridionaux de leur nouvelle colonie.

Leif Erikson est l'un des trois fils d' Erik le Rouge et de Thjóðhild.
Il est aussi le petit-fils de Thorvald Ásvaldsson. Il serait aussi apparenté à Naddoddr, un Viking norvégien qui est l'un des premiers colons des îles Féroé et l'un des premiers à avoir découvert l'Islande.
Le premier voyage de Leif Erikson, l'emmène aux Hébrides puis en Norvège vers l'an 1000 à la cour du roi de Norvège Olaf Tryggvason qui le convainc de se convertir au christianisme et d'emmener un prêtre au Groenland pour introduire la religion dans cette région.
Cela déplaît profondément à son père, païen et qui avait réussi à asseoir sa domination sur les colonies.
La Saga d'Erik le Rouge et la Saga des Groenlandais, toutes deux écrites vers 1200, contiennent des comptes-rendus différents des voyages au Vinland.
Les deux seules mentions strictement historiques connues du Vinland se trouvent dans la Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum (vers 1075) d'Adam de Brême et dans le Livre des Islandais (vers 1122) d'Ari Þorgilsson.
Adam de Brême fait mention de terres éloignées à l'ouest.
Il a même été suggéré que la connaissance de l'existence du Vinland aurait pu être conservée dans les ports européens jusqu'au 15ème siècle et que Christophe Colomb, qui a affirmé dans une lettre avoir visité l'Islande en 1477, aurait pu obtenir cette information.
Selon la Saga d'Erik le Rouge, Leif aurait vu pour la première fois le Vinland après avoir été dévié de sa route de retour au Groenland.
Selon l'interprétation littérale de la traduction du linguiste Einar Haugen sur les deux sagas dans son livre « Voyages au Vinland »,
Leif Erikson n'est pas le premier Européen à « découvrir » le Nouveau Monde.
Il a entendu l'histoire d'un marchand et marin, Bjarni Herjólfsson, qui prétendait avoir aperçu des terres à l'ouest du Groenland vers 986.
La "Saga des Groenlandais" raconte que Herjólfr, père de Bjarni, partit vers le Groenland avec Eirikr Thorvaldsson (Érik le Rouge) en 986.
Vers la fin de l’été de l’an 986, Bjarni Herjólfsson apprit que son père avait émigré au Groenland.
Bjarni
Il fit immédiatement voile vers l’île, mais un temps orageux et nuageux le prend dans une tempête l’écarta de sa route pendant plusieurs jours et il dérive vers l’ouest. Lorsque le ciel s’éclaircit, il aperçut une terre inconnue, dit-il, une contrée boisée, verte, riche et vallonnée, la côte de ce qui est aujourd'hui le Canada.
Ce ne pouvait, se dit Bjarni, être le Groenland ; il poussa donc vers le Nord pendant deux jours et aperçut alors une nouvelle terre, boisée, mais non accidentée. Il ne s’y arrêta pas, mais continua sa route vers le Nord pendant trois jours et aperçut alors un pays montagneux et couvert de glaciers.

Ne croyant pas qu’il s’agissait encore du Groenland, Bjarni poursuivit sa route. Quatre jours plus tard, il vit une contrée qui, déclara-t-il, répondait à la description qu’on lui avait faite du Groenland et, par un hasard providentiel, il atterrit sur le domaine même de son père.
Les savants ne s’entendent pas sur les endroits de la côte américaine que Bjarni a relevés.
Depuis quelques années, cependant, on attribue une valeur historique de plus en plus marquée à cette Saga. Des arguments solides militent en faveur de la thèse selon laquelle Bjarni aurait aperçu Terre-Neuve, le Labrador et la terre de Baffin.
Bjarni ne chercha pas à visiter ou à explorer ces terres.
Bjarni Herjólfsson n'y aurait jamais posé le pied. Mais son récit se répand comme une traînée de poudre.
Son histoire enflamme l’imagination de Leif Erikson.
Leif est décrit comme un homme sage, attentionné et fort d'apparence. Pendant son séjour aux Hébrides, il est tombé amoureux d'une noble femme, Thorgunna, qui a donné naissance à son fils Thorgils.
Leif grandit sous l’ombre immense de son père, Erik le Rouge. L’homme était aussi redouté qu’admiré. Sa voix portait comme la tempête, ses colères éclataient comme la foudre. Pourtant, Leif n’hérita pas de cette violence. Il observa, apprit, calcula.
Il écoutait les récits des marins revenus de l’ouest. Des terres entrevues à travers la brume. Des forêts sans fin. Des plages couvertes de bois flotté. Peu à peu, ces fragments dessinèrent une carte invisible dans son esprit.
Le rêve de Leif Erikson prend forme !
La mer était la première chose que Leif entendait chaque matin. Avant même d’ouvrir les yeux, le grondement lointain des vagues frappant les falaises du Groenland parvenait jusqu’aux murs de tourbe de la maison longue. C’était un souffle continu, profond, presque vivant, comme la respiration d’un géant endormi.
Il se levait dans l’odeur du feu mourant, du poisson séché et de la laine humide. Autour de lui, les membres de sa famille s’éveillaient lentement. Les anciens toussaient. Les femmes attisaient les braises. Les enfants se frottaient les yeux, encore prisonniers de leurs rêves.
Dans les longues soirées d’hiver, tandis que les tempêtes enfermaient le monde sous la glace, Leif s’asseyait près du feu et écoutait les récits des marins. Ils parlaient d’îles perdues dans la brume, de courants étranges, de bois flotté venu de terres inconnues, de plages où les vagues rejetaient des troncs entiers.
Ce que Bjarni Herjólfsson a vu à l’ouest du Groenland, Leif Erikson veut l’atteindre.
Bjarni Herjólfsson avait aperçu une terre vers l’ouest sans jamais y accoster. Certains se moquaient de lui. D’autres murmuraient que les dieux l’avaient choisi pour révéler une nouvelle frontière.
Leif, lui, mémorisait chaque détail : les directions du vent, les saisons, la couleur de la mer, le comportement des oiseaux.
Peu à peu, une certitude s’était imposée à lui : la mer cachait encore des terres. Et ces terres décideraient du futur du peuple viking.
Et les années passèrent !
Leif Erikson apprit l’art de la navigation, la lecture du ciel, la construction navale, le combat, la diplomatie. Il accompagna son père dans ses tournées d’inspection des fermes. Il observa les famines, les querelles, les maladies. Il vit combien le Groenland, malgré sa grandeur, restait fragile.
Les hivers étaient plus longs. Les récoltes plus maigres. Les troupeaux mouraient.
Lorsque Leif annonça son projet d’expédition, le Groenland entier trembla.
Les anciens crièrent à la folie.
Les marins rêvaient d’horizons vierges.
Les artisans voyaient dans cette terre nouvelle la promesse de bois, de fer, de richesses.
Les femmes savaient que leurs enfants ne survivraient pas éternellement sur cette île glacée.
La décision était prise. 
Les chantiers navals s’animèrent. On sélectionna les meilleurs troncs de pin.
Les forgerons rallumèrent les grandes forges. Les charpentiers tracèrent les quilles avec un soin quasi religieux.
Chaque navire était conçu comme un être vivant. Durant tout un hiver, les chantiers navals résonnèrent. Chaque planche était choisie avec soin, chaque clou forgé dans le feu sacré. On grava des runes de protection sous les quilles.
On murmurait des prières en fixant les planches. On sacrifia des animaux pour attirer la faveur de Njörd, dieu de la mer.
Leif supervisait chaque détail.
Il savait qu’une seule erreur pouvait condamner tout l’équipage.
Les vivres furent rationnés. On stocka du poisson séché, de la viande fumée, des céréales, des barriques d’eau douce, du beurre salé.
On embarqua des enclumes, des marteaux, des clous, des lingots de fer.
Ce n’était pas une simple expédition.
Leif pensa à ceux qui ne reviendraient pas.
À ceux qui naîtraient peut-être de l’autre côté du monde.
À son père, qui avait osé fuir l’Islande.
À lui-même, qui allait défier l’océan.
Le voyage fondateur fut fait par Leif Erikson qui entreprend vers l’an 1000 une aventure extraordinaire. C’est lui le véritable découvreur de l’Amérique.

En se référant aux données (points de repère, courants, vents, etc.) que Bjarni Herjólfsson lui avait décrits, Leif Erikson aurait approché Bjarni Herjólfsson en lui achetant son navire (le knarr) et rassemblait un équipage de 35 hommes pour monter une expédition vers le pays que Bjarni avait décrit.
Son père, Erik le Rouge, est prêt à le rejoindre, mais abandonne après qu'il soit tombé de cheval, un incident qu'il interprète comme un mauvais présage.
La traversée de l’Atlantique hostile est un combat. Les vagues frappent, les tempêtes arrachent les voiles, le froid paralyse les membres. Chaque aube est une victoire.
La traversée fut une épreuve d’endurance. Les vagues montaient plus haut que les mâts. La glace couvrait les cordages. Les hommes priaient, juraient, pleuraient parfois. Plusieurs tombèrent malades. Certains moururent.
Mais les navires poursuivirent leur route.
LA PREMIÈRE EXPÉDITION : LEIF ERIKSON ET LA DÉCOUVERTE DU VINLAND

C’est donc vers l’an 1000 que Leif Erikson arme un navire et part avec les 35 hommes.
Ils suivent une route dangereuse : Groenland → Ouest → mers glacées → terres inconnues.
Ces terres furent probablement l’actuel Canada : la Terre-Neuve, le Golfe du Saint-Laurent, le Labrador, le Nouveau-Brunswick, peut-être le Maine.
Leif suit la route inverse de Bjarni Herjólfsson et découvre et met pied sur une nouvelle terre à l’ouest, un endroit rocheux et désolé qu'il nomme Helluland « La terre des pierres plates ».
Il s'agirait probablement de l'île de Baffin.
Quand Helluland surgit, ce fut une déception. Un désert minéral, glacé, peu hospitalier. Les falaises blanches, l’absence de vie font comprendre à Leif qu’ils n’étaient pas encore arrivés.
Leif sauve ensuite deux hommes naufragés sur ces terres et leur permet de revenir au Groenland.
Par conséquent, si Bjarni Herjólfsson est le premier Européen à voir l'Amérique au-delà du Groenland, les deux hommes naufragés (non nommés) sont les premiers Européens connus à y être allés.
Après s'être aventuré plus loin par la mer, il accoste une deuxième fois sur une côte boisée qu'il nomme Markland « La Terre des Forêts ».
Il s'agirait presque certainement de la côte est de l'actuel Labrador. Forêts immenses, bois abondant : un trésor pour les Groenlandais.
Le Markland les accueillit par l’odeur du pin et de la résine. Les hommes pleurèrent presque en abattant les premiers arbres. Ils savaient que ce bois sauverait le Groenland.
Enfin, après deux jours de plus en mer, il découvre une zone verdoyante avec un climat doux et des approvisionnements abondants en saumon.
C’est la terre mythique du Vinland « La Terre de la vigne ».
Le soleil se levait sur des collines verdoyantes couvertes de baies et de vignes sauvages. Des saumons sautaient dans les rivières. Leif posa genou à terre. Il venait de trouver la terre promise.

À l'approche de l'hiver, il décide de camper là et sépare son groupe en deux : l'un pour rester au camp et l'autre pour explorer le pays.
Au cours d'une de ces explorations, Tyrkir découvre que la terre est pleine de vignes et de raisins, de baies sauvages ou simplement de la richesse végétale inhabituelle pour des Scandinaves.
Il s'agirait probablement de la Terre-Neuve et du golfe du Saint-Laurent ou le site actuel de Bay St Lawrence au nord de l'île du Cap-Breton en Nouvelle-Écosse.
Ils y trouvent un climat doux, des forêts abondantes, des fruits sauvages, du poisson en masse, des terres fertiles et du gibier. Ils découvrent des saumons géants et des forêts sans fin.
Dans le Vinland, Leif et son équipage construisent un ou plusieurs petits établissements dont un camp nommé plus tard Leifsbudir « les maisons de Leif » par des visiteurs venus du Groenland.
Les maisons surgirent du sol. La forge rugit. Les enfants naquirent. Les morts furent enterrés. Une société nouvelle prenait racine.
Ils passent l’hiver sur place.
Pour la première fois, des Européens vivent sur le continent américain.
Chez plusieurs peuples amérindiens, notamment chez les Inuits, les Micmacs, les Algonquins et certaines traditions iroquoiennes, on trouve le souvenir ancien d’hommes venus de l’est, à la peau claire, barbus, portant du métal et arrivant sur de grands bateaux.
Ces récits évoquent souvent des étrangers navigateurs, très habiles au travail du fer, qui commerçaient parfois, mais se brouillaient souvent avec les autochtones et surtout arrivant bien avant Christophe Colomb.
L'implantation Viking se fait à Straumfjörðr (le fjord des courants forts) un village à Terre-Neuve qui pourrait correspondre au site de L'Anse aux Meadows à Terre-Neuve (aujourd'hui inscrit comme site du patrimoine mondial par l'Unesco) où on a trouvé dans les années 1960, huit bâtiments nordiques en tourbe, des ateliers, une forge, des clous de bateaux, des monnaies et des épingles nordiques, des outils et des artefacts vikings typiquement scandinaves et des structures mystérieuses.
Les analyses dendrochronologiques déterminent que le bois est abattu en 1021. Une forge se trouvait sur le site et des scories confirment une activité de forgeage.
Ce n’était pas une grande ville, mais une base logistique, un chantier naval et un centre de réparation de navires, un camp d’exploration.

En 1014 naquit Snorri, fils de Thorfinn Karlsefni et Gudrid Thorbjarnardottir, premier Européen né au Vinland.
La population estimée est de 70 à 100 personnes.
C’est le seul site viking vraiment confirmé en Amérique du Nord.
C’est aussi la seule preuve formelle d’une présence européenne en Amérique avant
Christophe Colomb.
Dans la brume matinale, les silhouettes apparurent. Silencieuses. Immobiles.
Le Vinland venait d’ouvrir les yeux.
Les attaques nocturnes, la faim, la peur, la guérilla, les embuscades, la fatigue étaient le quotidien. Chaque nuit semblait être la dernière.
Les rêves de paradis se dissolvaient dans la boue et le sang.
Le Vinland devient un piège.
Les chefs Vikings se réunirent. Le verdict fut terrible : partir ou mourir.
Le dernier matin :
Le brouillard recouvrait les maisons désertes. Leif regarda une dernière fois les collines du Vinland. Puis les voiles se gonflèrent.
La forêt reprit ses droits. Les murs s’effondrèrent. Le vent effaça les pas. Mais la mer, elle, se souvenait.
Après avoir passé l'hiver au Vinland, Leif Erikson retourne au Groenland au printemps avec une cargaison de raisins et de bois.
Lors du voyage de retour, il sauve un naufragé islandais et son équipage, lui faisant gagner le surnom de « Leif le Chanceux ».
Le succès de Leif Erikson attire d’autres chefs.
En effet, Leif encourage d'autres expéditions de ses proches vers l'ouest
Il doit encore s'occuper du cas de sa demi-sœur Freydis Eiriksdottir, coupable de crimes de sang avec son équipage lors d'un dernier voyage au Vinland.
Après le premier voyage de Leif Erikson au Vinland, il retourne au domaine familial de Brattahlid « escarpement » au Groenland et commence à prêcher le christianisme aux Groenlandais.
Son père, Erik le Rouge, réagit froidement à la suggestion d'abandonner sa religion, alors que sa mère Thjóðhildr s'est rapidement convertie et a construit une église appelée l'église ou la chapelle de Thjóðhild.
Son père étant décédé, Leif reprend les fonctions de chef et n'a guère l'occasion de reprendre la mer.
Leif est mentionné pour la dernière fois, en vie en 1019 et en 1025, transmettant la chefferie d'Eiríksfjǫrðr « le fjord d'Erik », actuel fjord de Tunulliarfik à un autre fils, Thorkell Leifsson qui reprend le contrôle des colonies groenlandaises à sa mort.
Rien n'est mentionné sur sa mort : il est probablement mort au Groenland entre ces dates. Rien d'autre n'est connu de sa famille au-delà de la succession de Thorkell en tant que chef.

Mais les expéditions suivantes furent une colonisation ratée.
Thorvald Erikson — Frère de Leif Erikson, explore plus au sud.
En 1004, le frère de Leif, Thorvald Eriksson, lève l'ancre avec un équipage de 30 hommes en direction du Vinland. Il y passe l'hiver au camp érigé par Leif.
Il rencontre les autochtones, appelés Skrælings. Au printemps, Thorvald attaque neuf indigènes (peut-être des Béothuks) qui dormaient à l'abri sous des canots. L'un d’entre eux s'échappe et revient avec des renforts. Le contact dégénère.
Thorvald est tué par une flèche qui réussit à passer à travers la barricade.
Quelques autres hostilités suivent dans les mois suivants.
Les explorateurs quittent finalement les lieux après l'hiver.
Par la suite, un autre frère de Leif, Thorstein, voudra s'y rendre pour récupérer le corps de Thorvald, mais il meurt avant de quitter le Groenland.
La Saga d'Erik le Rouge mentionne deux autres colonies au Vinland : une colonie appelée Straumfjörðr (« fjord des courants ») qui se trouvait au-delà du Furdustrandir et où se serait installé Thorfinn Karlsefni, et l'autre appelée Hóp (« lagune »), située plus au sud.
Depuis, des fouilles ont permis la découverte d'un nouvel établissement à Pointe Rosée en 2016 qui confirment de nouveau l'existence d'une colonisation viking des Amériques.
Thorfinn Karlsefni — La grande tentative coloniale
La Saga d'Erik le Rouge mentionne deux autres colonies au Vinland : une colonie appelée Straumfjörðr (« fjord des courants ») qui se trouvait au-delà du Furdustrandir et où se serait installé Thorfinn Karlsefni, et l'autre appelée Hóp (« lagune »), située plus au sud.
En effet, vers 1010, Thorfinn Karlsefni part à son tour pour le Vinland. Il mène la plus ambitieuse expédition avec 3 navires, 160 hommes et femmes, du bétail, des outils et des provisions longues durées.
Son objectif était de créer une colonie permanente.
Ils fondent un véritable établissement avec des maisons de tourbe, des ateliers et des zones agricoles.
Ils commercent avec les Amérindiens : fourrures contre lait, tissus, métal.
Mais les tensions augmentent.


Les autochtones sont plus nombreux. Les conflits deviennent violents.
Les Vikings comprennent qu’ils sont trop peu nombreux.
Après 3 ans, ils abandonnent.
Depuis, en 2016, des fouilles ont permis la découverte d'un nouvel établissement à Pointe Rosée qui confirment de nouveau l'existence d'une colonisation viking des Amériques.
Freydis, fille d’Erik le Rouge — La femme de sang.
Freydis, sœur de Leif, mène une expédition marquée par la trahison. Elle fait assassiner ses partenaires islandais pour s’emparer de leurs biens.
Son expédition se termine dans la violence, la peur et le sang.
Elle symbolise la part sombre de la colonisation viking.
Les Vikings appelaient les autochtones : Skrælings (terme vague désignant les peuples indigènes).
Les Skræling sont décrit comme « des hommes noirs et chétifs, aux cheveux laids avec de grands yeux et des pommettes larges ».
Les peuples rencontrés furent probablement les Inuits dorsétiens ancestraux, les Béothuks, les Micmacs, les Algonquins et les Iroquois.
Les relations dégénèrent rapidement par des accrochages, des attaques surprises et des escarmouches mortelles.
Les Vikings sont très minoritaires, isolés, loin de leurs bases habituelles.
Le résultat est l’abandon progressif du Vinland vers 1015–1020.
Après 1020, les expéditions cessent.
Le Vinland devient une légende.
Les sagas perpétuent son souvenir, mais l’Europe oublie progressivement cette terre.
Les Vikings ont quitté l’Amérique à cause de plusieurs facteurs :
- Le climat qui fut le début du Petit Âge Glaciaire, rendant les voyages plus dangereux.
- L’Isolement car plus de 3000 km de navigation séparent la Scandinavie du Vinland.
- L’hostilité locale car les autochtones sont nombreux, mobiles et bons archers. Les Vikings, trop peu nombreux ne pouvaient rivaliser.
- L’éffondrement du Groenland : quand les colonies groenlandaises déclinent, les expéditions cessent.
La durée d’occupation dans ces contrées fut de 10 à 20 ans.
Descendants Vikings en Amérique :
Aucune preuve génétique claire de descendants directs mais certains gènes européens précoces ont été détectés dans des populations inuites.
Des échanges biologiques limités sont probables.
On a découvert la pierre de Kensington (Minnesota)
Cette découverte faite en 1898 est une pierre runique qui raconte une expédition viking en 1362.
Majoritairement considérée comme étant un faux du 19ème siècle, mais encore débattue.
Les sagas des découvertes des Vikings parlent de terres encore plus au sud :
de Hop → possiblement Nouvelle-Angleterre
de forêts riches → Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse.

Toujours est-il que les premiers Européens connus à avoir atteint l’Amérique, 500 ans avant Christophe Colomb, sont bien les Vikings.
Et ceci sans boussole, sans cartes fiables, sur des bateaux ouverts et guidés par les étoiles, les courants et les oiseaux.
Ils n’ont pas échoué techniquement car ils ont cartographié l’Atlantique nord, maîtrisé les courants, ouvert la route transocéanique, prouvé que l’Amérique était atteignable.
En conclusion :
Les Vikings furent les premiers Européens en Amérique, les premiers navigateurs transatlantiques et les premiers explorateurs du Nouveau Monde.
Mais le monde n’était pas prêt pour eux.
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Date de dernière mise à jour : 19/02/2026

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