SAN FRANCISCO 1

 

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                               ARTICLE ET PHOTOS (sauf les anciennes) DE ROLAND ROTH 

 

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                                                                                       1ère PARTIE 

                            SAN FRANCISCO ET SON HISTOIRE 

                           

 

                               DE SES ORIGINES à la FIN DU 19ème SIECLE 

 

Les plus anciennes preuves archéologiques d'habitations humaines sur le territoire de l'actuelle ville de San Francisco remontent à environ 3 000 ans avant J.-C.

Les premiers hommes à habiter la baie de San Francisco par l'établissement de petits villages et en utilisant la baie comme une ressource naturelle pour la chasse et l'approvisionnement, furent les Amérindiens « Ohlone » (en indien « le peuple de l'ouest »).

Leur langue appartenait à la famille des langues Miwok.

 

Les Ohlones, également appelés « Costanoans » étaient implantés dans le nord de la Californie.

Leur territoire dans la région de la péninsule de la baie de San Francisco s’étendait de la vallée de Santa Clara, la Baie orientale, les monts Santa Cruz, la baie de Monterey et dans la vallée de la Salinas jusqu'à la région de Basse-Californie, le désert de Mojave et le Yosemite.

 

La région était également peuplée par les tribus Pomo, Wintun, Yokut et Miwoks.

   

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C’est en 1536 que la Californie a été découverte par le Conquistador Hernán Cortés (aussi parfois écrit : Cortez) dont le nom complet est Fernando Cortés de Monroy Pizarro Altamirano, premier marquis de la Vallée d'Oaxaca.

Toutefois il n’a pas exploré le nord de la Californie.

La Haute-Californie, quant à elle, le fut par l'Espagnol Cabrillo, en 1542, soit 50 ans après le débarquement de Christophe Colomb sur le sol du Nouveau Monde le 12 octobre 1492.

 

En 1579, le navigateur anglais sir Francis Drake explora et longea la côte de la Californie.

Il ne pénétra pas dans la baie de San Francisco et prit possession du territoire au nom de la reine d'Angleterre.

 

Mais c’est les Espagnols qui s’approprièrent le territoire en 1763 et l'annexèrent au Mexique.

Les premiers colonisateurs furent des Jésuites après leur expulsion d'Espagne et de ses possessions coloniales.

 

En 1767, la baie fut en réalité occupée par des missionnaires espagnols, les Franciscains (dont Saint François d'Assise était le patron)  qui remplacèrent les Jésuites.

 

En 1769, l'expédition de Gaspar de Portolà explora la côte californienne et le 2 novembre elle arriva par la côte près de San Francisco sans trouver la passe pour entrer dans la baie car en été, il y a beaucoup de brouillard dans la région.

Portolà réclama la région pour le royaume d’Espagne en tant que partie de la vice-royauté de la Nouvelle-Espagne.

 

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Entre 1769 et 1823, ces missionnaires franciscains fondèrent tout le long du littoral californien, de San Diego à Sonoma, pas moins de 21 missions.

Les Amérindiens de la Haute-Californie furent très pacifiques et faciles à convertir au christianisme.

Les missionnaires leur apprenaient des notions de l'agriculture et différents métiers.

Les Indiens étaient logés dans de petites huttes alignées autour du principal corps de bâtiment de la mission.

 

L’espagnol Junipero Serra fut pendant de longues années à la tête de ces missions.

Les Espagnols étaient donc les premiers Européens à explorer et à coloniser la région.

San Francisco représentait ainsi l’extrémité septentrionale d’une série plus ou moins continue d'implantations militaires et religieuses destinées à assurer la souveraineté espagnole.

 

En 1786, l'explorateur français Jean-François de La Pérouse visita la baie de San Francisco. (voir plus loin)

 

En 1792, l'explorateur britannique George Vancouver s'arrêta aussi à San Francisco soi-disant pour espionner les missions espagnoles de la région.

 

Des commerçants de fourrures russes s’aventurèrent aussi dans les parages.

De 1770 à 1841, les commerçants russes avaient colonisé la côte qui s'étendait de l'Alaska jusqu'à Fort Ross dans le comté de Sonoma en Californie.

Le nom de Russian Hill fut d’ailleurs donné au quartier de San Francisco à la suite de la découverte d'un cimetière de corps supposés être des marchands et marins.

Ce sont les Espagnols qui, les premiers, mirent fin à cette tentative russe de s’implanter dans la baie.

 

Puis les anglais firent une percée ayant à sa tête le célèbre Capitaine James Cook.

 

En 1814, une rumeur circulait, propagée par des trappeurs qui affirmèrent que les habitants de Fort Ross, fondé par des Russes en 1812, à 100 km au nord de Yerba Buena (fondée en 1776 et qui sera la future San francisco) exploitaient déjà des gisements d’or dans la région sans en être certain.

Le nom de la baie de San Francisco proviendrait, selon certains, du prénom du navigateur anglais Francis Drake qui a été espagnolisé le 7 novembre 1769 par le moine Juan Crespi (Francis devint Francisco).

Selon d’autres, la baie fut appelée du nom des Franciscains, le fondateur de leur ordre.

 

Le nom de Californie, selon les experts, proviendrait d’une dérivation de la contraction du latin Calida foniax

ou de l'espagnol Caliente fornallo.

 

La Californie, annexe du Mexique, était placée sous la domination des rois d'Espagne et elle fut administrée par des gouverneurs relevant du gouvernement central de Mexico.

Après 1769, le gouvernement reconnut deux Californies, la Vieille ou Basse Californie et la Nouvelle ou Haute Californie.

 

En 1776, une expédition de colons espagnols, arrivant sur la côte ouest par la terre, découvrit la baie et y implanta un premier poste militaire.

 

Dans un premier temps, ces colons espagnols commencèrent par bâtir un village essentiellement de toiles.

 

Le 17 septembre 1776, ils décidèrent de construire un Presidio près du Golden Gate Bridge dans l’actuelle San francisco.

Un Presidio était l’installation d’un fort, une base militaire, qui devait protéger les colons installés sur place.

 

Le 9 octobre 1776, la mission Dolores nouvellement construite par Juan Bautista de Anza, fut dédiée au patron des missionnaires : San Francisco de Asis (saint François d'Assise) et appelée plus couramment : San Francisco.

La première église a été bâtie et dédiée forcément à Saint François d'Assise.

 

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Des colons espagnols, venus du Mexique, s'y installèrent.

 

Début du 19ème siècle, la Californie appartenait à l’époque toujours au Mexique qui était entré en guerre contre les Etats-Unis à cause du Texas.

En effet, comme le reste de la Californie, San Francisco passa sous la souveraineté mexicaine en 1821.

 

Ce n'est cependant qu'en 1836 que les premiers colons se sont installés en construisant un village sur le bord de la baie, en un endroit appelé Yerba Buena (« la bonne herbe ») en référence à la menthe qui pousse sur les collines environnantes.

 

La ville fut ensuite prise par les Américains en 1846.

En 1848, le Mexique perdit la guerre contre les Américains et dut céder toute la Californie ainsi que les états actuels de l'Arizona, du Colorado, du Nevada, du Nouveau-Mexique et de l'Utah.

En 1847, un peu avant l'annexion américaine, un décret mexicain changea officiellement le

nom de « Yerba Buena » en celui de « San Francisco ».

 

A cette époque, la population de San Francisco s'élevait à 459 personnes et l'année suivante à 812 dont trois Français.

 

Le premier plan du village fut tracé en 1839 par un Français nommé Vioget.

Les deux principales artères étaient la rue Kearny qui allait de la rue Sacramento à la rue

Pacific et la rue Dupont allant de la rue Pacific à la rue Clay.

 

Egalement en 1847, Levi Strauss s'installa à San Francisco et créa les premiers « jeans » qui avaient un grand succès auprès des prospecteurs et des chercheurs d'or deux ans plus tard.

 

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Parlons un peu de la Californie de l’époque !

 

Le Mexique fut vaincu et a dû céder, outre le Texas, les deux immenses provinces du Nouveau Mexique et du Nord de la Californie, vendues pour 15 millions de dollars (traité de Guadalupe-Hidalgo du 2 février 1848).

 

Les bourgs et les villes signèrent des chartes et des assemblées de citoyens furent chargées de rédiger une constitution pour la Californie.

 

Des élections furent alors organisées et des représentants officiels envoyés à Washington DC afin de négocier l’entrée de la Californie au sein des Etats-Unis en tant qu’état.

Des lois et un gouvernement furent créés en Californie ce qui conduira à l'admission de celle-ci en tant qu'état américain en 1850.

La Californie deviendra officiellement le 31ème Etat de l'Union le 18 octobre 1850.

 

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Mais un événement imprévisible se produisit !

 

Après la Georgie en 1830, le 19 janvier 1848, sur le bord de l’American River et dans la propriété du capitaine Sutter, la découverte d’une pépite d'or par John Marshall à Sutter's Mill à l'est de Sacramento bouleversa la vie locale.

Cette révélation produisit un énorme retentissement dans tout le monde et transforma la Californie qui devint un

des pays les plus riches de toute l'histoire.

 

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Plus de 300.000 pionniers vont se ruer dans la région.

 

La plupart des pionniers y vinrent par mer sur des voiliers qui passèrent la route du Cap Horn, un voyage de 5 à 6 mois plein de péripéties.

D'autres firent le voyage à travers les plaines du Middle West, organisés en convois de chariots et furent exposés aux attaques des Indiens hostiles.

 

Voir l’article :  CALIFORNIA GOLD RUSH   (cliquez)

 

 

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C'est le début du mythe de San Francisco.

 

En même pas 2 ans, toute cette région de la Californie sera envahie d'aventuriers, de mineurs, de chômeurs, de pauvres gens, de filles de joie, de commerçants, de profiteurs et de scélérats venus du monde entier.

 

Tout ce beau monde pénétra au pays de l'or par le Golden Gate, la porte dorée.

 (le pont du Golden Gate sera construit à partir du 5 janvier 1933 et fut  l'oeuvre de Joseph Baermann Strauss et coûta 35 000 000 de dollars).

 

San Francisco poussa comme un champignon.

 

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Voici l'histoire d'un aventurier Mormon de San Francisco devenu milliardaire :   

Samuel brannan           Samuel Brannan 

En 1846, il partit  en Californie et s'installa à San Francisco pour éditer le premier journal de la ville, le "California Star".

Il y créa également la première école de la ville.

En 1847, il ouvrit un magasin au fort Sutter dans l'actuelle ville de Sacramento.

En 1848, il se rendit à Sutter's Mill, près de Coloma où James W.Marshal avait découvert une pépite d'or dans l'American River.

 

En mai 1848, Brannan répandit la nouvelle dans les rues de San Francisco après avoir préparé ses commerces en ayant prit soin d'acheter tout le matériel de chercheur d'or disponible dans la région dans le but d'en devenir l'unique fournisseur.

Quelques mois plus tard, Brannan devint l'homme le plus puissant de l'Ouest Américain, son magasin lui rapportant 2 000 000 de dollars actuels par mois. Par la suite, il gagnera jusqu’à 4 millions de dollars par mois et sera le 1er caïd de Californie.

 

Il ouvrit plusieurs magasins pour vendre son matériel aux mineurs. Il acheta aussi beaucoup de terrains à San Francisco sachant que les grands groupes miniers de l'Est vont arriver à SF. 

Il se créa un véritable empire.

Il fut nommé au premier conseil municipal de la ville et organisa un comité de vigilance qui assura la sécurité suite aux grands incendies de San Francisco.

En 1853, il fut élu au Sénat de Californie.

Il fit aussi fortune dans le commerce international, les banques et les compagnies de chemin de fer.

En 1859, il fonda Calistoga et en 1864 la Napa Valley Railroad Company .

Après son divorce, il est devenu brasseur et dépendant à l'alcool.

Brannan quitta San Francisco pour s'installer au Mexique dans un petit ranch près de la frontière mexicaine dans l'état de Sonora.

Ce terrain lui a été donné en 1880 par le président mexicain Benito Juárez après l'avoir aidé à expulser des Français non désirés des terres mexicaines. En 1888, il reçut du gouvernement mexicain la somme de 49 000 dollars.

Brannan a arrêté de boire et il est retourné à San Francisco pour payer toutes ses dettes.

Le 5 mai 1889, Brannan est mort ruiné à 70 ans à Escondido en Californie, sans laisser assez d'argent pour payer ses propres funérailles.

 

Revenons à San Francisco et la ruée vers l'or.

 

La Piste de Californie (California Trail) était au milieu du xixe siècle une route d'émigration américaine importante allant du Missouri à la Californie. Elle fut utilisée par 250 000 fermiers et chercheurs d'or durant la ruée vers l'or, jusqu'à l'ouverture du Premier chemin de fer transcontinental à la fin des années 1860.

Les capitaines des bateaux se retrouvèrent vite sans équipage.

 

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Les marins des bateaux qui accostèrent journellement à San Francisco et à qui on promettait de gagner vingt ans de salaire en seulement deux mois de prospection, se joignirent aux passagers et aux habitants de San Francisco pour rejoindre les champs aurifères.

C'est à San Francisco que débarquèrent et s'approvisionnèrent tous ceux qui venaient tenter la fortune dans le nouvel Eldorado.

 

Au début, les navires venaient mouiller â un ½ mille du port, l'eau de la baie décrivant un arc de cercle et arrivait jusqu'à la rue Montgomery en formant, à marée basse, un immense marais stagnant.

 

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La ville devint une ville fantôme avec ses navires désertés par leurs équipages et ses boutiques laissées à l'abandon par leurs propriétaires.

En effet, les magasins, les ateliers, les établissements de tout genre fermèrent, les journaux suspendirent leurs publications.

 

Ailleurs, le maire ou alcade de Monterey quitta sa commune pour piocher la terre sur les bords de l’American River en compagnie de l'ancien avocat-général du roi des îles Sandwich.

 

Les quais et les docks de San Francisco ressemblèrent à une forêt de mâts avec des centaines de navires abandonnés.

Les habitants restés sur place transformèrent les navires en entrepôts, magasins, tavernes, hôtels ou même en prison.

Nombre de ces navires furent plus tard détruits et utilisés comme remblais afin d'augmenter la surface des terrains constructibles pour faire face à la demande.

 

                         

 

San Francisco, qui fut avant cette ruée une minuscule implantation de pionniers constituée de tentes, se développa d’une façon fulgurante.

 

La ville prit son essor avec cette ruée vers l'or et la croissance démographique de la ville explosa avec l'arrivée de nouveaux émigrants, aventuriers et commerçants.

La ville sortit peu à peu de son ambiance Far West pour prendre des allures de métropole plus sérieuse, avec ses banques, ses commerces et ses bureaux.

 

C’est ainsi qu’un grand nombre de mineurs quittèrent leurs mines pour venir s'établir à San Francisco comme marchands, industriels ou ouvriers.

En 1 mois plus de 2000 prostitués débarquèrent à SF.

 

Quelques années plus tard, la découverte de gisements d'argent dans la Sierra Nevada accéléra encore le développement de l'agglomération.

 

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La population de San Francisco passa d'environ 200 personnes en 1846 à près de 900 habitants en 1848.

En janvier 1849 on comptait environ 2000 âmes.

Au mois de décembre de la même année au moins 15 000 puis 25 000 résidents permanents en 1850 et 36 000 en 1852.

C'est la croissance la plus rapide de toutes les villes américaines.

 

On construisit à San Francisco à un rythme effréné toute les infrastructures comme des routes, des églises, des écoles, des bâtiments superbes.

Les ouvriers y trouvaient du travail en abondance et furent très bien rétribués. Employés à la construction des maisons, ils gagnaient de 20 à 30 dollars par jour.

San Francisco compta 70 000 habitants dès 1862.

 

Les actions de centaines de compagnies minières du Comstock Lode s'échangèrent à la bourse de San Francisco, produisant des millionnaires comme : James Graham Fair, John William Mackay, James C. Flood et leur Banque du Nevada, Adolph Sutro, William Sharon et sa Bank of California ou encore John P. Jones et Alvinza Hayward.

Ces gens-là firent construire le Palace Hotel, le Théâtre de Californie, le Hayward Park, le Kohl Building et le palais du James C. Flood Mansion.

 

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Le 21 octobre 1868 un fort tremblement de terre secoua San Francisco.

Cinq personnes furent tuées et plusieurs blessées.

Des maisons en briques, mal construites, subirent des dégâts sérieux.

Beaucoup d'habitants passèrent des nuits entières sur les places publiques.

Comme les maisons de bois n'avaient pas souffert, la préférence fut donnée à ce genre de construction.

 

L'année 1869 verra l'achèvement du grand chemin de fer transcontinental.

Le 9 mai eut lieu l’inauguration, à Promontory Point, près du lac Salé en Utah, de la jonction des deux lignes de chemin de fer de la Central Pacific Railroad et de l'Union Pacific Railroad, faisant le lien entre l’océan Atlantique à l’océan Pacifique.   

   

Voir l’article : PROMONTORY POINT  (Cliquez)

 

Le chemin de fer reliant les deux océans permit d'éviter le passage par la terre à Panama et surtout les six mois de trajet risqué nécessaire pour doubler le Cap Horn ou encore le voyage en chariot sur la California Trail longue de 5000 km et  qui dura 8 mois. 

 

Le voyage pouvait être accompli en six jours grâce au train.

C’est cette année également que l'administration des postes établit à San Francisco un service régulier de distribution de lettres à domicile.

 

En 1870, les catholiques de la ville érigèrent l'église St-Patrick et la municipalité fit niveler le Yerba Buena Square, situé sur l'emplacement de l'ancien cimetière de ce nom, pour y construire le tout nouvel Hôtel de Ville.

 

C'est à partir du milieu du 19ème siècle que les Chinois commencèrent à s'installer à San Francisco.

Ils surnommèrent la Californie, la « montagne dorée ».

 

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Ces Chinois prospérèrent dans les secteurs de la restauration, du commerce, de la pêche et de la blanchisserie.

 

Les Chinois vivaient repliés sur eux-mêmes et créèrent des sociétés secrètes pour régler leurs problèmes.

Le quartier chinois de la ville n'avait pas bonne réputation.

Dans certains bars, on avait aménagé des portes étroites formant une sorte de labyrinthe, ceci pour retarder la progression des policiers.

 

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Lors de l’année 1877 une sécheresse terrible et prolongée frappa l'agriculture et causa une perte estimée à 20 millions de dollars.

Le Consolidated Virginia Mining Company était une compagnie minière basée à Virginia City dans le Nevada, fondée le 7 juin 1867 pour exploiter les principales mines du Comstock Lode, le plus important gisement d'argent de l'histoire des États-Unis.

 

Voir l’article :  VIRGINIA CITY   (cliquez)

 

Elle était cotée à la Bourse de San Francisco.

Elle a inopinément cessé à verser ses dividendes d’un million de dollars par mois et la débâcle fut générale.

Des milliers de personnes étaient ruinées et les suicides se multiplièrent.

En trois années, les valeurs minières subirent une baisse de 140 millions de dollars.

 

Beaucoup d'ouvriers se trouvèrent à la rue sans travail. Les politiciens, de par leurs intrigues, exploitèrent la misère de ces pauvres gens.

On s'en prit à tout le monde, notamment aux Chinois qui travaillaient pour presque rien et faisaient de la concurrence aux blancs.

A part les Chinois, les compagnies de chemins de fer, les capitalistes, les chefs d'industrie étaient aussi pris à partie.

 

À partir de 1896, San Francisco devint le principal port de départ pour la ruée vers l'or du Klondike au Canada.

 

La découverte de l’or au Yukon en 1896 provoqua une ruée vers la région du Klondike entre 1897 et 1899.

Ce phénomène créa la ville de Dawson City, en 1896, et par la suite, du Territoire du Yukon en 1898.

 

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  Et les Français dans tout ça ? 

 

Avant d’entamer la suite de l'histoire de San Francisco au 20ème siècle dans la 2ème partie, voyons un peu comment les Français étaient impliqués dans l’histoire de San Francisco

 

 Que sont-ils venus faire ici ? 

 

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Le premier Français venu en Californie en 1769 est sans doute Pedro Prat, le chirurgien de l’expédition de colonisation espagnole du père franciscain Junipero Serra.

Dans les archives, on trouve aussi la mention de Pedro Roy (de Lorient) qui aurait été le parrain d’un Amérindien.

Plus tard, en 1782, on retrouve la trace de la présence d’un autre Français en Californie notamment dans les registres de la mission San Buenaventura.

 

Mais c’est en septembre 1786 que le célèbre François Galaup de la Pérouse, qui fut en expédition d’exploration du Pacifique, jeta l’ancre dans la baie de Monterey au sud de San Francisco.

 

Le gouverneur espagnol l’accueillit chaleureusement lors de son escale à Monterey, alors capitale de la Californie.

La Pérouse serait passé devant l’entrée de la baie de San Francisco sans la voir car elle baignait dans un brouillard persistant.

La Pérouse, avec sa notoriété, marquera les esprits en France.

C’est un genre de reporter de l’époque, Gaspard Duché de Vancy, qui fut l’artiste officiel de l’expédition, qui fit une excellente description de la réception de La Pérouse et les siens par la mission, franciscaine de Carmel.

 

En 1839, un certain Victor Prudon occupait un petit lopin de terre, avec juste une cabane.

 

C’est à cette époque que les capitaines Abel Aubert Dupetit Thouars et Cyrille Pierre Théodore Laplace abordèrent la baie de San Francisco avec les navires « La Vénus » et « l’Artémise ».

 

Les Français figuraient parmi les premiers arrivants d'Europe.

Dans les années 1830 et 1840, pas mal de Français débarquèrent en Californie.

 

Des Français connus comme Michel Laframboise, un trappeur canadien français basé en Orégon, faisait des incursions dans la région avec de nombreux collègues pour ramener principalement de la fourrure.

 

Un des premiers groupes de Français à débarquer à San Francisco, au nombre d’une quarantaine, venait directement du Havre le 14 septembre 1849 à bord d'un petit voilier appelé « La Meuse ».

 

Au milieu du 19ème siècle, les Français amenèrent avec eux leurs idées, leurs allures, leurs habitudes et leurs moeurs pouvant constituer une population urbaine.

Les autres étrangers comme les Irlandais ou les Allemands appartenaient plutôt aux classes laborieuses et rurales.

 

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Les Français apportèrent à San Francisco aussi leur savoir-faire dans divers métiers artisanaux.

Mais il y avait aussi des capitalistes, des négociants, des médecins, des professeurs, des notaires, des médecins, des architectes, des courtiers, d'anciens fonctionnaires publics, des marins officiels, des trappeurs, des baleiniers, des commerçants, des cuisiniers, des coiffeurs, des journalistes, des hommes de lettres mais aussi des filles de joie, des proscrits politiques, des déserteurs, des repris de justice et autre racaille, etc. ….

La plupart de ces nouveaux arrivants étaient célibataires et fondèrent leur famille sur place.

 

Le gouvernement mexicain qui contrôlait alors la région facilita largement cette émigration en octroyant assez facilement des concessions de terre.

L’arrivée française s’est faite principalement sur Los Angeles, San Francisco, Monterey, Santa Barbara ….

 

Certains Français avaient apporté des capitaux et des marchandises et fondèrent des banques et des magasins à San Francisco.

Il s’est créé un grand magasin appelé « Maison Blanche » fondé par M. Raphaël Weil.
La banque Anglo & London-Paris National Bank fut fondée à San Francisco par les frères Lazard. Ceux-ci sont à l’origine plus-tard de la grande banque internationale de New York et de Paris qui porte leur nom.

 

En 1851, le commerce français était très actif dans la ville.

Cette même année, pas moins de 51 navires français accostèrent dans le port de San Francisco amenant de France les dernières nouveautés et articles de Paris, les conserves de Nantes et de Bordeaux, les savons et les huiles de Marseille, les vins et les eaux-de-vie de nos régions.

Une grande influence française s'est manifestée à San Francisco comme par exemple à travers l’art culinaire des chefs (déjà) qui a fait apprécier la cuisine française.

 

En 1850, en France et surtout à Paris, plusieurs compagnies pour le transport d'émigrants étaient créées pour acheminer tous ces travailleurs, futurs chercheurs d’or et expatriés vers San Francisco.

La plupart était sans ressources et faisait appel à l'assistance de leurs compatriotes ou du consulat.

La plus importante des compagnies qui transportait des émigrants fut la Société du « Lingot d'Or ».

Elle fut appelée de la sorte parce qu'elle avait organisé une loterie dont le gros lot était un lingot d'or.

 

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Le premier navire envoyé par cette société a été le "Alphonse-Nicolas Cezard" et son capitaine Le Bozec qui arriva le 28 février 1852 ayant à son bord 169 émigrants sous la conduite de M. Cousin, le chef du convoi.

Mais d’autres navires arrivèrent au départ des ports du Havre, de St Malo, de Nantes, de Marseille, de Bordeaux ….

 

Au début, après leur débarquement, ces émigrants obtinrent comme premiers besoins de l’argent et des biens en nature pour leur permettre d’accéder aux mines.

D’autres restèrent sur place et postulèrent pour des emplois comme domestiques à San Francisco ou encore comme garçons de ferme dans les environs.

Ces émigrants n’étaient pas toujours des enfants de chœur et inspirèrent des inquiétudes aux autorités américaines.

 

Dès 1844, le gouvernement français était représenté à Monterey, la capitale de la Californie de l’époque, par un vice-consul, M. L. Gasquet.

 

Un négociant français, M. Guys, occupa à San Francisco les fonctions d'agent consulaire du 3 novembre 1849 au 22 juillet 1850.
Puis arriva de France par le navire « Oregon », M. Dillon qui deviendra le Consul de France.

D’autres Français installés dans d’autres pays affluèrent comme du Mexique, du Chili, du Pérou, de Tahiti, des Etats américains de l'est, entre autres de la Louisiane.

 

La nouvelle de la découverte d'or en Californie faisait sensation en France et particulièrement à Paris.

 

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Faisons un petit rappel sur la situation en France à ce moment-là et qui a favorisé le départ de tous ces émigrants de l’époque.

 

La France était bouleversée par la dernière révolution de 1848 qui avait paralysé le commerce et l'industrie.

 

Des milliers d'ouvriers et de fonctionnaires se retrouvaient dans la rue et étaient dans une misère absolue.

 

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La découverte de l'or en Californie impressionna tous ces gens malheureux dont certains rêvaient à entreprendre l’aventure et  faire fortune dans cette Amérique lointaine.

 

Certains de ces Français, appartenant à toutes les conditions sociales, se lancèrent avec des capitaux et des marchandises ou rien et arrivèrent à San Francisco, soit par steamer, soit par voilier.

De vingt à vingt-cinq mille Français, venus de toutes les régions de France, participèrent à cet exode mondial.

 

En février 1849, la douzaine de Français résidant à San Francisco qui étaient généralement pauvres, virent, en un an, se construire énormément de grandes maisons par les nouveaux arrivants.

La plupart de ces personnes bivouaquaient sous des tentes au sud de la rue Market ou encore sur les hauteurs, dans la rue Bush où s'éleva l'église française.

Ces deux emplacements étaient connus sous le nom de « French camps ».

Ceux qui ne partirent pas vers les mines se posèrent à San Francisco du côté des rues Montgomery et Commercial.

En 1851, ce quartier fut dénommé « French town » (le quartier français) avec ses restaurants et bistrots et ses maisons de jeux.

 

Beaucoup des meilleurs restaurants et des plus beaux cafés de la ville appartenaient à des Français.

 

Progressivement, la communauté française s’organisa et fonda des buanderies, des salons de coiffure, des théâtres, des commerces :

le Quartier Français était alors en plein essor.

 

En décembre 1849, deux Français, Jules de France et un acteur nommé Jourdain, ont été les premiers à jouer dans une représentation théâtrale professionnelle à San Francisco.

 

En 1856, plus de deux cents Français étaient inscrits au Comité de Vigilance de la ville et participèrent à faire régner l’ordre et la sécurité en ville et à lutter contre la corruption.

 

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En 1860, le quartier français s’est agrandi vers le nord le long des rues Kearny et Dupont (aujourd’hui Grant), de Sacramento à Green.

Parmi les résidents français, on peut citer certaines réussites remarquables comme 

Abel Guy, les frères Sabatié, les frères Belloc, les frères Lazare, les frères Godchaux, Eugène Delessert, J. Lecacheux et L. Galley.

 

François Alfred Pioche fonda avec son associé Jules Barthélémy Bayerque, une banque qui finança le développement du quartier de la Mission Dolores et ils participèrent à la construction du premier chemin de fer de Californie, sur Market street à San Francisco et ils financèrent le chemin de fer San Francisco-Folsom (près de Sacramento).

 

Ils investirent aussi dans le développement des services urbains du gaz et de l’eau et firent construire des quais et des entrepôts sur le port.

Ils financèrent également des œuvres philanthropiques et culturelles.

A la mort de François Alfred Pioche en 1872, celui-ci légua une importante collection d’art à l’université de Californie.

 

Les Français de San Francisco ont été très actifs à l’époque en fondant leur consulat à partir de 1849, leur église Notre-Dame des Victoires en 1856.
Ils fondèrent aussi leur maison de santé en 1851 soutenue par la Société française de bienfaisance mutuelle, la première société d’assurance mutuelle des Etats-Unis.

 

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En 1850, un théâtre, « l’Adelphi », et de 1853 à 1866 une compagnie de pompiers, la Compagnie Lafayette des Echelles et des Crochets virent le jour.

La « City of Paris » et la « White House » furent des grands magasins de la ville parmi les plus prestigieux.

 

Même après la ruée vers l’or californienne, San Francisco continua toujours à attirer les Français et ceci jusqu’à nos jours.

 

Par exemple, le premier groupe de touristes étrangers à visiter la Californie sont les Français.

San Francisco, après Londres, est la ville au monde ayant la plus grande communauté française.

 

Les Français vivant à San Francisco sont près de 100 000 personnes dont : 

 

Une de nos filles : Audrey avec notre gendre et nos deux petits-fils.

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                                  THE END 

 

                             Fin de la 1ère partie 

 

 A suivre en 2ème partie :  L’histoire de San Francisco au 20ème siècle ….. 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 13/02/2018