HENRY F. FARNY

HENRY F. FARNY
LE PEINTRE QUI AIMAIT LES INDIENS
Un Alsacien célèbre en Amérique mais inconnu chez nous en France !

Henry François Farny (1847-1916) a restitué l’atmosphère de l’Ouest américain : ses paysages sauvages et la vie des Indiens dont il admirait la culture.
C’est à Ribeauvillé en Alsace et non dans le Far West que l’artiste a vu le jour.
L'ami des Indiens et l'artiste qui peignait le vrai Far West.
La conquête de l'Ouest a donné naissance à un genre nouveau : la peinture western.
Les Amérindiens étaient toujours présentés et peints dans des situations belliqueuses et cruelles comme de vrais sauvages.
Henry Farny était un des seuls peintres de l’époque à voir les Indiens et leur culture telle qu'elle était réellement et il a présenté leur point de vue avec respect.
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Découvrons cet artiste et son art !
Son style distinctif, souvent appelé « peinture de la race disparaissante », est devenu synonyme d’une vision romantique de l’arrière-pays américain.
Informations générales :
• Henry François Farny était un peintre et illustrateur américain.
Son travail portait sur la vie des Amérindiens aux États-Unis du 19ème siècle.
• Naissance : 15 juillet 1847, Ribeauvillé, Alsace (France), alors sous administration allemande)
• Décès : 23 décembre 1916 à Cincinnati, Ohio (États-Unis)
• Profession : Peintre, illustrateur, lithographe
• Mouvement artistique : Réalisme, art occidental américain (« Western Art »)
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Ses origines et sa jeunesse
François Henri Farny est né à Ribeauvillé, en Alsace le 15 juillet 1847 d’une famille Alsacienne.
Henry Farny est un peintre dont le nom reste curieusement absent des musées européens.
Pourtant, ses œuvres ont profondément marqué l'imaginaire collectif américain et mondial sur l'Ouest sauvage.
Cet artiste émigré aux États-Unis a peint des toiles qui offrent un regard unique et profondément humaniste sur les peuples autochtones d'Amérique.
Il a vu le jour dans une maison qui existe toujours, une maison forestière de Ribeauvillé. 
C’est le père, Charles Farny (né le 20 février 1811 en France et décédé le 19 décembre 1863 à Cincinnati ), un menuisier issu des Farny de Guémar et Illhaeusern, qui réalisa de ses mains cette première construction entre les deux remparts de la ville.
La mère, Jeanette Barbe Weygand (ou Weigand ) Farny, descend d’une lignée d’aubergistes de Ribeauvillé.
Charles Farny Jeanette Farny
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Les Farny embarquèrent sur le bateau le “Havre” le 20 septembre 1853. Destination : l’Amérique ».
HenrI est le fils du menuisier alsacien républicain révolutionnaire, agitateur et anticlérical Charles Farny.
A la suite de ses activités politiques liées à la révolution de 1848 et aussi pour des questions religieuses (la famille appartenant à la minorité protestante), il est menacé d'arrestation et de déportation au bagne de Cayenne après cette révolution.
Il choisit l'exil américain.
Ses parents, Charles et Jeanette émigrent aux États-Unis le 20 septembre 1853 avec Henri, 6 ans, et trois autres enfants ainsi que la tante, Joséphine Weygand.
Tout juste arrivé à New York, le benjamin de la famille, Adolph, 2 ans, décéda.
Les Farny délaissèrent rapidement la cité pour la Pennsylvanie où Charles bâtit une scierie, au bord de la rivière Alleghany.
La famille arrive en Pennsylvanie en 1853, après un voyage éprouvant.
Elle s’installe à Tionesta en Pennsylvanie au cœur de forêts immenses où elle vit primitivement.
Le père Charles se lance dans le commerce du bois, cultive des terres et chasse pour subvenir à sa famille.
Par la suite, la famille a déménagé à Warren, en Pennsylvanie, près d'une réserve indienne d’Onondagas Seneca installée non loin de là.
Enfant, HenrI apprit la légende des bois auprès des Indiens Seneca venus de leur réserve pour chasser dans la région où vivait son père.
Les Indiens venaient rendre visite à sa mère pour se faire soigner car Jeanette avait conservé les vieux remèdes de famille trouvés dans des cahiers de médecine emmenés d’Alsace (qu’elle publiera 40 ans plus tard dans un petit livre de recettes médecinales)
Elle est appelée par les indiens « médecine Woman ».
Au contact quotidien des tribus amérindiennes locales, HenrI se fascine pour ces peuples.
Il joue avec les enfants indiens, apprend à fabriquer des mocassins, des arcs et des flèches, monte à cheval et nage comme eux.
HenrI mange, vie et respire comme un Indien.
Cette immersion totale marquera définitivement sa sensibilité artistique.
On dit que lors de son enfance, les premiers dessins de HenrI recouvraient les murs de la maison familiale de Warren et représentaient des oiseaux, des animaux et… déjà des Indiens.
Très jeune, déjà à 9 ans, HenrI montre un talent pour le dessin et se passionne pour la nature et les cultures différentes, notamment les peuples autochtones d’Amérique.
Mais, en 1859, père, mère, tante, enfants, chevaux, basse-cour et bagages embarquèrent à nouveau, cette fois-ci, à bord d’un radeau descendant l’Alleghany vers l’Ohio.
Direction : Cincinnati, qui comptait alors plus de 159 000 habitants. 
À cause de querelles familiales, les Farny décident de partir vivre en ville.
C'en est fini de leur vie harmonieuse en pleine nature.
C’est donc au printemps 1859, que la famille débarque à Cincinnati (Ohio). Pour la famille, c'est un nouveau départ.
À 12 ans, Henri, jusque-là instruit par ses parents et un ami instituteur, y découvrit l’école.
Le décès de son frère aîné puis de son père Charles, respectivement en 1861 et en décembre 1863, obligèrent Henri à abandonner sa scolarité. Il quitta le lycée Woodward pour entrer dans la vie professionnelle pour exercer divers métiers. Il aurait notamment été apprenti lithographe, spécialisé dans les scènes de batailles de la guerre de Sécession pour la société Gibson & Company.
Il aurait notamment été apprenti lithographe, spécialisé dans les scènes de batailles de la guerre de Sécession pour la société Gibson & Company.
Après avoir cherché sa vocation du côté de la décoration et de la lithographie, Henri fut finalement fasciné par l’illustration.
A 16 ans, il accepte alors toutes sortes de commande pour faire vivre sa famille.
Puis il trouve du travail en tant qu'illustrateur pour le Harper's Magazine, le début de sa carrière d'artiste. Mais le rêve d'Henry est de devenir artiste peintre et Cincinnati deviendra le centre de sa vie artistique.
Attiré par la peinture et le dessin, le jeune homme devint illustrateur pour des magazines, des livres pour enfants et des éditeurs américains.
À 18 ans, en 1865, Henri vendit sa première illustration Harper's Weekly qui publia une vue en double page de Cincinnati qu'il avait réalisée.
Sur ses illustrations, ses initiales furent inversées par erreur (F. H. en H. F.) et il adopta dès lors le nom de Henry F. Farny.
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Sa formation artistique 
Dans les années 1860–1870, Farny se forme à l’illustration et au dessin technique.
En 1866, il partit pour New York travailler chez Harper Brothers, mais quitta la ville l'année suivante pour étudier en Europe.
En 1867, Il voyage en Europe où il va étudier les beaux-arts :
A Rome d’abord, puis à Grafenberg près de Dusseldorf en Allemagne où il apprend entre 1867 et 1870 les techniques académiques de la peinture très en vogue à l’époque et perfectionne son art avec des cours particuliers auprès d’un grand maître de la peinture,
Albert Bierstadt, "le grand maître des paysages de l’Ouest américain ". 
Ce fut une étape décisive qui lui ouvrit les portes de l’esthétique réaliste de l’École berlinoise.
Farny cependant reprenait ces techniques, intégrant une palette douce et une attention minutieuse aux textures, dans son répertoire artistique.
Il étudia avec diligence sous Bierstadt, absorbant les enseignements sur la façon de saisir la perspective atmosphérique et d’exprimer l'émotion grâce aux nuances tonales, des compétences indispensables à façonner son langage visuel caractéristique.
Puis, on le retrouve aussi à Munich et à Vienne en Autriche.
Ensuite, il s’installe à Strasbourg en Alsace, aux 25, rue des bouchers.
Il continue ses études auprès de Théophile Schuler, un peintre alsacien.
Le séjour en Alsace fut l’occasion, pour Henry Farny, de rendre visite à sa famille et de percevoir l’héritage d’une tante colmarienne, lui permettant de prolonger cette formation en Europe.
Cette formation européenne apporte à son art une précision et une finesse que l’on retrouvera dans ses œuvres majeures.
Il utilisa ses nouvelles compétences dans divers métiers, peinture de prospectus et illustration indépendante, pour maintenir financièrement sa vie tout en continuant à développer sa vision artistique.
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Après des années en Europe, à apprendre auprès de grands artistes, Henry Farny retourne en 1870 à Cincinnati. avant de s'imposer comme l'un des peintres majeurs de l'Ouest américain.
Il revint chez lui face à une demande peu réactive des habitants de Cincinnati pour ses peintures.
Pendant plusieurs années, il vécut alors avec sa mère au 259 Hamilton Road, devenue plus tard McMicken Avenue. Il utilisa ses nouvelles compétences au service de la peinture d'affiches et d'autres petits boulots.
En 1873, il fut chargé par la chambre de commerce de représenter, en dessinant, les différentes étapes de l'emballage du porc à Cincinnati.
IPuis, il retourna en Europe en 1873. Après un retour à Cincinnati en 1874-1875, il voyagea de nouveau en Europe de 1875 à 1876.
Il a réalisé comme illustrateur principal de la collection McGuffey Reader, des illustrations pour les manuels de lecture de McGuffey en 1879. Sur les 300 illustrations produites, 76 étaient des œuvres originales de Farny.
Il a été engagé comme premier artiste de la Rookwood Pottery Company de Maria Longsworth Nichols (il créa d'ailleurs le logo de l'entreprise).
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Sa découverte de l’Ouest américain
Henry part dans le Far-West.
Il entreprit une série de voyages dans l'Ouest américain de 1881 à 1894.
En 1881, Henry Farny commence ses voyages marquants vers l’Ouest des États-Unis :
D’abord dans le Dakota puis au Montana, au Wyoming et dans les territoires de l’Oklahoma.
Henry Farny se rendit dans la Grande Réserve Sioux, le premier d'au moins quatre voyages dans l'Ouest américain.
Au cours de ces voyages, il dessina des croquis de personnes et de paysages, prit des photographies et acquit des objets.
Il accumule des photographies, des croquis, collectant des artefacts et
des objets indiens comme des vestes et des mocassins, des notes et des impressions qui nourriront toute sa production de peinture.
En effet, inspiré par le marché en développement des peintures indiennes, Henry Farny remonta le fleuve Missouri.
Lors de plusieurs autres voyages vers l'Ouest, il fit de même, jusqu'à ce que son atelier de Cincinnati contienne suffisamment de matériel pour presque tous les sujets indiens qu'il souhaitait illustrer.
De retour dans son atelier de Cincinnati, il utilisa ces matériaux pour créer des peintures idéalisées et nostalgiques de la vie amérindienne.
Parfois, Farny se trompa dans les détails : la peau de bison peinte que porte l'homme sur un tableau était en réalité un vêtement de femme.
Il déclara : « Les plaines, les buttes, tout le pays et ses habitants sont plus riches en matière pour l'artiste que n'importe quel pays d'Europe. »
”
Il y rencontre plusieurs peuples amérindiens : Les Sioux, les Apaches, les Cheyennes, les Navajos.
Ses voyages sont déterminants : à partir de ce moment, il consacrera la majorité de son œuvre aux tribus amérindiennes, à leurs traditions, leur mode de vie et leur rapport à la nature.
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Son œuvre artistique
Peintre classique, Henry Farny avait toutefois adopté la palette de couleurs limitée des impressionnistes. Comme eux, il jouait à la perfection avec la lumière et s’inspirait des compositions des estampes japonaises.
Henry Farny témoignait une admiration sans bornes pour la culture des Amérindiens et respectait tous ceux qui lui servirent de modèle pendant de longues années.
A l’époque où il entra en contact avec eux, la plupart des Indiens d’Amérique du Nord vivaient déjà dans des réserves.
Le style artistique de Henry Farny, qui est souvent décrit comme la « peinture de la race disparaissante », est une représentation romantique du territoire américain de l’ouest mettant en évidence les détails pour exprimer à la fois la grandeur et la douleur.
Environ 100 tableaux ont été inspirés par les voyages de Henry Farny dans l'Ouest dans les années 1880.
Sa compréhension de la situation des Indiens est souvent évidente dans son travail.
Henry est un peintre visuel qui raconte la disparition des bisons dans les années 1800 et aussi l’histoire de la disparation de la frontière et la fin du mode de vie des Amérindiens.
La conquête de l’Ouest touche à sa fin.
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Henry Farny est aujourd’hui considéré comme l’un des peintres les plus importants de l’« Indian Genre Painting », c’est-à-dire la peinture consacrée aux Amérindiens, des peintures à la gouache et à l’huile sur toile.
La Conquête de l’Ouest a donné naissance à un genre typiquement américain : la peinture western.
Ces toiles peintes par d’autres artistes représentent des indiens au Far West, souvent attaquant des hommes blancs, soi-disant de courageux colons venus les sauver grâce à leur « civilisation ».
Ces Indiens étaient toujours peints dans des situations belliqueuses et sont montrés comme de vrais sauvages.
Au 19ème siècle, on s’arrache ces toiles spectaculaires de peintres tels que Remington ou Russel, qui contribuent à une propagande anti-indienne, reprise par le cinéma hollywoodien.
En effet, à cette époque, des peintres comme Frederick Remington, Charles Russell ou George Catlin dépeignent la guerre et les conflits, les Amérindiens comme des sauvages violents et dangereux, tueurs, fourbes au combat, des cowboys toujours plus forts que les Indiens.
Voir mes articles : cliquez Frederick Remington
Tandis que Henry Farny est le seul d’entre eux qui a su voir les indiens et leur culture autrement, les aimer pour ce qu’ils étaient en donnant son point de vue avec respect.
Henry Farny propose un regard totalement opposé. Ses toiles montrent les Indiens sous un jour très positif avec des scènes paisibles de vie quotidienne : des familles cuisinant, des chasseurs partageant leur gibier, des moments de dignité et d'humanité. Il dépeint des scènes autochtones, paisibles, romantiques, des vastes étendues.
Remington et Russell dominent le marché, mais Farny est en forte revalorisation pour ses œuvres centrées sur les peuples autochtones.
Farny apparaît aujourd’hui comme le plus humain et le plus méditatif des trois avec une sensibilité culturelle contemporaine, une recherche d’œuvres non violentes, un intérêt pour les voix oubliées de l’histoire, une réévaluation critique de la conquête de l’Ouest
Farny n’est pas le plus célèbre, mais il est souvent considéré comme le plus subtil et le plus respectueux, ce qui explique la montée de sa cote.
Pour la représentation des Amérindiens, Henry Farny incarne : Respect, dignité, humanité, pas de caricature, un regard souvent empathique décrivant la vie quotidienne, famille, attente, migration.
Frederic Remington a souvent peint des scènes de conflit, parfois stéréotypées, mettant en scène soldats, cow-boys, cavalerie le tout axé sur l’action et la tension tandis que Charles M. Russell est plus équilibré avec une admiration sincère pour les cultures amérindiennes.
Aujourd’hui, Henry Farny est celui dont la vision est jugée la plus respectueuse et moderne en étant le poète et observateur des peuples amérindiens.
Remington raconte : il est le chroniqueur épique de la conquête de l’Ouest.
Russell se souvient : il est le témoin direct de la vie des cowboys et des Indiens.
Henry Farny ne dépeint pas exactement ce qu'il voit. Il continue de créer une vision romantique de l'Ouest américain qui mêle ses observations réelles à des scènes ou un passé imaginés.
Les paysages sont d'une précision extraordinaire, chaque feuille et chaque branche sont peintes avec soin à la gouache, créant un sens profond du lieu et de l'espace.
Les paysages de Farny évoquent le temps qu'il faudrait pour traverser ces vastes étendues.

Ses représentations sont très documentées et respectueuses dans des atmosphères poétiques et parfois mélancoliques avec une grande précision dans les vêtements, armes, chevaux et rituels.
Il met en valeur des paysages de plaines et de forêts et scènes calmes plutôt que scènes de violence.
Henry Farny est fasciné par les Indiens, de leur façon de vivre, de leur dignité et il considère les Indiens comme des amis.
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Henry Farny fréquente la haute société à Cincinnati.
Il s'installa à Norwood (Ohio) en 1885 pour vivre avec sa jeune sœur Marguerete, qu'il appelait Maggie et son mari, A. C. Strobel, dans le quartier d'East Norwood. Les Strobel avaient emménagé au 2352, avenue Harper, en 1884.
Il est difficile de déterminer précisément la période durant laquelle Henry Farny vécut à Norwood.
Il vécut ici jusqu'en 1889 ou 1890 (date à laquelle il déménagea à Covington, dans le Kentucky, où il résida jusqu'en 1907).
Comme il voyageait beaucoup vers l'ouest à cette époque, son séjour chez les Strobel fut divisé en plusieurs périodes.
Durant ce temps, il disposait d'un atelier dans la chambre T de l'immeuble Pike, au centre-ville de Cincinnati.
Sa mère, Jeanette Farny, vivait également chez les Strobel. Elle décéda dans cette maison le 5 novembre 1899, à l'âge de 89 ans.
Ses obsèques eurent lieu à la résidence des Strobel le 8 novembre.
Henry empruntait probablement le train de voyageurs à voie étroite de la compagnie Cincinnati, Lebanon and Northern Railroad entre son domicile d'East Norwood et son atelier à Cincinnati.
La gare d'East Norwood se trouvait à environ trois pâtés de maisons de la résidence Strobel/Farny, en descendant Pine Street.
De nombreux hommes de Norwood, dont Strobel, le beau-frère de Farny, employé chez Rudolph Wurlitzer et George Puchta, copropriétaire de Puchta & Pund (rebaptisée plus tard Queen City Supply Company), prirent le même train.
LEONIE FARNY.
La sœur de Henry, Leonie Farny, épouse un certain monsieur Franz Rudolph Wurlitzer (1831-1914) le 19 septembre 1868 à Cincinnati, dans le comté de Hamilton, en Ohio.
C'est un immigrant allemand, qui avait créé en 1853, la Wurlitzer Company qui est une entreprise américaine qui fabrique et commercialise des instruments de musique, notamment des pianos (dont le piano électrique Wurlitzer), des orgues et des jukebox.

Rudolph Wurlitzer
Léonie Farny naquit le 22 octobre 1842 à Ribeauvillé, dans le Haut-Rhin, en France, comme Henry. A l'époque, son père, Charles Farny, avait 32 ans et sa mère, Jeanette Barbe Weigant, 31.
Le couple Farny/Wurlitzer eut au moins quatre fils et deux filles.
Elle vécut à Hamilton, dans le canton de Summit, comté de Monroe, en Ohio, en 1860, puis à Cincinnati en 1870.
Elle décéda le 1er janvier 1931 à Cincinnati à l'âge de 88 ans et fut inhumée au cimetière de Spring Grove, à Cincinnati.
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Henry Farny est invité par le président de la Northern Pacific Railroad à l’inauguration du Golden Spike à Promontory Point dans l’Utah en tant qu’éminente personnalité, en présence d’Ulysse Grant, le Président des États-Unis et de Sitting Bull, le chef des Indiens Sioux Lakota.
Farny rencontre par la suite Sitting Bull et le peint en chamane et en plus cinq autres tableaux de lui.
Chef Sioux
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Henry Farny rencontre aussi Ogallala Fire, chef des Sioux qui « tua » George Armstrong Custer à la bataille de Little Big Horn.
Henry le prend comme modèle dans son studio avec des mises en scène dans de nombreuses situations pour une dizaine de toiles et ils deviennent de bons amis.
Ogallala Fire, Ogalalla Fire ou Oglala Fire apparaît dans plusieurs peintures.
Il est décrit comme un Sioux / Oglala Lakota
C’est un modèle fréquent pour Henry Farny qui a utilisé Ogallala Fire à plusieurs reprises.
Farny était proche de lui et l’a peint en portrait isolé (par ex. Chief Ogallala Fire, signé 1902)
Il l’a représenté dans d’autres études.
Ogallala Fire était le concierge / janitor du Cincinnati Art Club, poste qui lui donnait l’accès au milieu artistique et aux studios, ce poste explique en partie pourquoi il a servi de modèle pour Farny et d’autres artistes.
Ogallala Fire était aussi modèle pour le peintre Joseph H. Sharp
Il l’a lui aussi peint et vendu des portraits intitulés Ogalalla Fire / Oglala Fire (1898).
C’est une époque où de nombreux artistes de l’Est des États-Unis s’intéressaient aux peuples des Plaines (après les grandes guerres indiennes et pendant la transition forcée vers les réserves).
En posant pour Farny et Sharp, Ogallala Fire a contribué (par son image) à la représentation visuelle des indiens Sioux/Oglala dans la mémoire artistique américaine.
Ses portraits servent aujourd’hui de documents iconographiques sur l’apparence et les parures à la fin du 19ème siècle.
Au total Henry Farny a réalisé plusieurs centaines d’œuvres, surtout quand il était à court d’argent. Il peignait alors pour gagner de l’argent et payer ses factures et ainsi de suite.
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The silent guest / 1878 Danger
Farny était présent à l’Exposition Universelle de Paris au 1889.
Il remporta une médaille de bronze pour une toile intitulée « Danger » figurant un brave sur son cheval. Sa composition place le sujet dans l'espace même du spectateur, un versant de montagne dans l'ombre, un sommet à la lumière.
Il connaissait personnellement Sarah Bernhardt.
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En 1894, il va dans l’Oklahoma à Fort Sill et y rencontre le chef Apache Geronimo qui y était prisonnier et Farny eut l'honneur de réaliser le portrait du chef. Ce dernier fut si ravi de l'œuvre qu'il accepta de la signer.
Cette rencontre a marqué Henry à vie ! 
Et c’est à ce moment que l'art d'Henry Farny évolue énormément après sa rencontre avec Geronimo.
Ses œuvres deviennent plus politiques, dénonçant la spoliation des terres, l'alcoolisme imposé dans les réserves et la destruction d'un mode de vie.
Dans ses tableaux, les Amérindiens prennent désormais les armes, non dans une violence gratuite, mais dans une lutte légitime pour leur survie et leur liberté.
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Parmi ses Œuvres célèbres il y a :
• The Song of the Talking Wire
• Sioux Hunters
• The Last Journey
• Indian on Horseback
• The Captive
• Ration Day à Standing Rock
• The Last Vigil
• A Moment of Suspense
• The bison hunt begins
• Indians in Winter - Moving Camp
• First Skech for 'In the Shadow'
• Something Stirring
• In the heart of the rockies »
• An Apache ambush »
• The Coming of the fire horse »

Entre 1883 et 1885, Farny a achevé environ une centaine de peintures inspirées par ces expéditions, des œuvres caractérisées par un mélange magistral de réalisme et de romantisme.
Parmi les pièces notables figurent également « Rat Day at Standing Rock Agency » et « La Dernière cérémonie » chaque œuvre exprimant une profonde empathie pour le sort des Amérindiens à cette époque.


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Le tableau d’un indien qui écoute les fils télégraphiques qui grésillent : « The Song of the Talking Wire». « Le Chant du fil parlant ».
Un Indien des Plaines colle son oreille contre un poteau télégraphique.
Coiffé d'une plume d'aigle et armé d'un fusil, ce chasseur solitaire a chargé trois cerfs sur son cheval de bât. Un crâne dans la neige symbolise le bison jadis indispensable à la survie des peuples des Plaines, mais presque éteint dans les années 1880.
Le soleil se couche sur le paysage hivernal, annonçant le crépuscule du mode de vie de cet homme.
C’est un Indien perplexe examinant une ligne téléphonique qui traduit le conflit entre les traditions autochtones et la modernisation croissante. Il pensait être en relation avec l’au-delà, le grand Esprit !
Bien avant qu'Henry Farny ne peigne cette scène, les Amérindiens souffraient déjà depuis des générations, le gouvernement des États-Unis les forçant, tribu après tribu, à s'installer dans des réserves.
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Henry Farny n’a pas cherché la notoriété de son vivant, mais ses œuvres étaient très appréciées.
Aujourd’hui, ses tableaux atteignent des prix très élevés dans les ventes d’art occidental.
Son tableau « In Pastures New », est l’œuvre la plus chère d’Henry Farny.
Elle a été vendu pour 1 426 500 USD lors d’une enchère chez Christie’s à New York en décembre 2008, le record pour cet artiste à ce jour. La toile a été peinte en 1895, gouache sur papier.
Ce tableau représente une scène calme et détaillée de la vie quotidienne d’un groupe d’Indiens des Plaines, intégrant paysages larges et figures humaines dans une composition expressive.
La finesse du traitement des couleurs et de l’atmosphère témoignent du style mûr de Farny, à l’apogée de sa carrière.
C’est une représentation emblématique de la manière dont Farny capturait la vie des peuples autochtones. Il y maîtrise la technique dans la composition, la couleur et l’atmosphère, montrant l’étendue de son talent.
Ce record montre que bien que la plupart des œuvres de Farny se négocient en centaines de milliers de dollars, certaines pièces particulièrement rares ou importantes peuvent dépasser largement le million de dollars chez les grandes maisons de vente aux enchères.
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Voici d’autres exemples d’œuvres d’Henry Farny qui se vendent très bien aux enchères, souvent pour des sommes importantes :
* « Through the Pass, Winter » : Vendue environ 1 212 500 USD, l’une des plus importantes après « In Pastures New ».
* « Cornered » : Vendue autour de 1 160 000 USD.
* « His Favorite Wife » : Vendue pour 1 105 000 USD.
* « Summoned by the War Chief » : Vendue autour de 917 500 USD.
* « A Moment of Suspense » : Pour de 889 500 USD.
* « Indians » : Vendue environ 827 500 USD.
* « Morning of a New Day » :Environ 748 500 USD.
* « Sign of Peace » : 662 500 USD.
* « Danger » : 629 500 USD. 
* « Indian Encampment » (gouache de 1892) vendue à 372 500 USD.

En 2012, lors d’une vente aux enchères de « Southern Plains Indian Warrior », une gouache sur papier de 1894 fut vendue pour un montant de 362 500 dollars, le triple de sa valeur estimée.
Certains dessins ou aquarelles plus petits ou études peuvent se vendre à des valeurs plus modestes (parfois quelques milliers de dollars seulement).
Ces résultats montrent que plusieurs peintures de Farny ont dépassé ou approché le million de dollars, en particulier lorsqu’il s’agit de scènes importantes ou emblématiques de la vie des peuples autochtones d’Amérique.
Henry Farny est souvent considéré comme un artiste “pour connaisseurs”.
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Selon le recensement de 1900, Henry Farny vivait dans les années 1890 au 1031 Banklick Street, à Covington, dans le Kentucky, avec sa femme Lilly (née en 1866) et son fils adoptif Thomas Ray (né en 1885). Ils étaient mariés depuis 13 ans, depuis environ 1887, date à laquelle elle avait environ 21 ans et lui 40, soit 19 ans d'écart. Comme Henry vivait à Norwood à cette époque, cela indique que son épouse, Lilly, résidait chez les Strobel à Norwood après leur mariage et probablement pendant au moins deux ans par la suite.
A Covington, il utilisa une maison à double ossature de bois comme domicile et atelier.
Henry Farny fut l'un des membres fondateurs du Cincinnati Art Club et en fut le deuxième président de 1892 à 1894.
Le président Theodore Roosevelt a dit un jour à Farny :
« Farny, la nation te doit une grande dette. Elle ne s'en rend pas compte maintenant, mais elle le fera un jour. Vous préservez pour les générations futures des phases de l'histoire américaine qui disparaissent rapidement. »
« Les œuvres de Farny ont une place assurée dans l’histoire de l’art américain. »
Plus tard, Henry Farny s'installa à Clifton, à Cincinnati (424, rue Straight), où il vécut jusqu'à son décès.
Tardivement, à l’âge de 59 ans, il se maria avec sa pupille Ann Ray Farny (1887-1941), âgée de 19 ans.
Leur fils, Daniel Farny (1908-1980) était marié à Marie A. Farny (1912-1995).
Plus tard, Henry Farny s'installa à Clifton, à Cincinnati (424, rue Straight), où il vécut jusqu'à son décès
Henry Farny mourut à Cincinnati le 15 juillet 1916 à l'hôpital Deaconess à l’âge de 69 ans, laissant derrière lui un héritage durable en tant qu'un des peintres américains les plus marquants et appréciés dont l’œuvre continue d’inspirer l’admiration.
Son avis de décès est paru dans le « Cincinnati Enquirer » le 25 décembre 1916.
Après sa mort, le 23 décembre 1916, le peintre Henry F. Farny tomba peu à peu dans l’oubli hormis dans sa ville : le musée d’art de Cincinnati conserve un grand nombre de ses œuvres, des toiles se sont également transmises au sein des familles de la cité.
Après sa mort, la maison d'Henry Farny, située sur Banklick Street à Covington, tomba lentement en ruine. Dans les années 1980, le bâtiment était en ruine.
En mai 1984, le directeur du logement de la ville de Covington recommanda la démolition du bâtiment. Au lieu de cela, Denny Bowman, conseiller municipal de Covington, lança un mouvement pour sauver cet édifice historique. Après plusieurs tentatives infructueuses pour réunir les fonds nécessaires à la restauration, la maison a été démolie le 12 janvier 1987.
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Son Héritage
L'art de Farny continue de gagner en popularité et la plupart des collections d'art western publiques et privées importantes comprennent au moins une peinture.
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Résumé en quelques lignes :
Henry Farny est aujourd’hui reconnu comme :
• Un chroniqueur visuel des cultures autochtones de la fin du XIXᵉ siècle
• Un artiste dont les œuvres sont précieuses pour l’histoire, car elles représentent un mode de vie qui était déjà en train de disparaître
• Une figure majeure de l’art de l’Ouest américain
Henry Farny, peintre franco-américain, a consacré l’essentiel de son œuvre aux peuples amérindiens qu’il a observés lors de ses voyages dans l’Ouest.
En 1910, l’artiste confiait à un journaliste : « Cela me fend le cœur de voir les prairies découpées par des barbelés et de voir celui qui fut un noble homme rouge sombrer, dans sa réserve, à cause de l’eau de feu. »
Ses tableaux, précis, détaillés, sensibles et respectueux, empathiques furent sa manière de rendre hommage aux Indiens et comptent parmi les représentations les plus appréciées et authentiques des cultures autochtones de son époque.
Les œuvres de Henry Farny sont perçues comme de véritables documents historiques visuels, pas seulement comme de simples tableaux décoratifs.
Le Western Art est un marché très spécifique : Fortement soutenu par des collectionneurs américains, très actif chez Christie’s, Sotheby’s, Bonhams
Les œuvres atteignant des prix records ont souvent :
• Une provenance claire et prestigieuse (anciennes collections célèbres)
• Un excellent état de conservation
• Une signature bien visible et une date précise
Les tableaux de sa pleine maturité (années 1890) sont les plus recherchés, car ils montrent Farny à son sommet artistique.
Les œuvres de Henry Farny figurent dans des institutions prestigieuses :
• Smithsonian American Art Museum
• Cincinnati Art Museum
• Denver Art Museum
Ces éléments rassurent les acheteurs et justifient des montants très élevés.
Quand un artiste est présent dans de grands musées, sa légitimité artistique est renforcée, les collectionneurs privés veulent posséder une œuvre « de niveau musée »
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Henry F. Farny est aujourd’hui considéré comme une figure majeure de l’art western américain.
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Date de dernière mise à jour : 31/12/2025

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